DÉCRET
Le Président de la République française.
Sur le rapport du ministre de l’Intérieur,
Vu la demande formée par la Société de l’Ecole et du Dipensaire dentaires de Paris, dont le siège est à Paris, à l’efiFet d’obtenir la reconnaissance de cette Association comme établissement d’utilité publique ;
Vu les statuts de la Société ;
Vu les avis du préfet de la Seine, du préfet de police, du comité consultatif d’hygiène publique de France ;
Vu ensemble les autres pièces du dossier ;
La section de l’Intérieur, des Cultes, de l’Instruction publique et des Beaux-Arts du Conseil d’État entendue ;
Décrète :
Article premier. — L’Association dite « Société de l’Ecole et du Dispensaire dentaires de Paris », fondée en 1889, est reconnue comme établissement d’utilité publique.
Art, 2. — Les statuts de l’Association, tels qu’ils sont annexés au présent décret, sont et demeurent approuvés.
Art. 3. — Le ministre de l’Intérieur est chargé de l’exécution du présent décret, qui sera inséré au Bulletin des lois et publié au Journal officiel de la République française.
Fait à Paris, le 19 février 1892.
Carnot.
Par le Président de la République.
Le ministre de l'Intérieur, CONSTANS.
Par le décret du 25 juillet 1893, réglementant les conditions pour l'obtention du diplôme d’État, le Gouvernement a reconnu la valeur du diplôme de l’École et l’importance des études qui y sont faites, en accordant des dispenses spéciales à ses diplômés.
Enfin, il a accepté le concours de l’École pour l’application de la nouvelle loi, pris quelques-uns des membres du jury d’examen, parmi son corps enseignant, et employé son local pour y faire subir quelques-unes des épreuves techniques à la première session. Ces dernières mesures constituent, en faveur de l’École dentaire de Paris,une véritable consécration officielle, comme l’a été pour la Société tout entière la reconnaissance d’utilité publique.
Cette mesure, en donnant à la Société la capacité de recevoir les dons et les legs, que le dévouement et le désintéressement de ses membres lui permettent d’espérer, assure son avenir et rend possible dans l’intérêt général, le perfectionnement graduel de son œuvre d’enseignement et d’assistance.
La grande majorité des dentistes en France ont tenu à honneur de soutenir et de défendre cette Société, autour de laquelle ils se sont groupés depuis 20 ans.
Le Cercle des dentistes de Paris, qui avait donné naissance à l’institution, s’est tranformé et est devenu l’Association générale des dentistes de France, maintenant la plus nombreuse et la plus importante société dentaire française : elle comprend actuellement 500 membres.
Quoique distincte par ses statuts de la Société de l’École et du Dispensaire dentaires, elle forme avec elle un seul et même groupement, qui lui'permet d’offrir à ses membres tous les avantages d’une organisation professionnelle complète : école, bibliothèque, musée, société scientifique, caisse de prévoyance, syndicat professionel, journal mensuel. De sorte que celte institution d’initiative privée a, en vingt ans,
provoqué Jâ création d’une organisation professionnelle, à laquelle on doit le relèvement moral et scientifique de l’art dentaire en France, en même temps qu’elle offre à une nombreuse population pauvre, le soulagement de souffrances pour lesquelles il n’existait précédemment aucun lieu de traitement gratuit;
La marche ascendante de l’institution depuis la fondation, la bienveillance du public, des dentistes, du monde scientifique, des autorités municipales et gouvernementales, montrent que la Société de l’École et du Dispensaire dentaires de Paris est une œuvre sérieuse, utile et durable. Les résultats obtenus prouvent que l’École qu’elle a fondée est capable de donner aux jeunes gens qui se destinent à la pratique de l’art dentaire une instruction professionnelle des plus complètes, que le dispensaire dentaire qu’elle ajoint cà l’École, et qui est si apprécié de la population pauvre, était nécessaire pour compléter l’œuvre de l’assistance publique à Paris.
C’est à ce titre que l’institution continue à réclamer, pour toujours développer et perfectionner son œuvre, l’appui moral et matériel de tous ceux qui s’intéressent aux œuvres philanthropiques.
Si l’action de l’École Dentaire de Paris s’est fait sentir sur toute la France, principalement en assurant l’enseignement professionnel et le recrutement de la profession en relevant le niveau moral de la corporation, l’action de l’École Odontoteclinique a été pour elle un puissant adjuvant. Nous avons dit que c’est avec sa coopération que l’œuvre des congrès nationaux, et surtout internationaux, a été menée à bonne fin, que c’est avec son appui que des adoucissements ont été apportés au projet de réglementation; nous ajouterons qu’elle a sa part aussi dans le mouvement de relèvement du chirurgien-dentiste.
L’action des autres écoles françaises a été, elle, plus régionale ou locale; elles sont de création beaucoup plus récente, mais elles commencent déjà à porter les mêmes fruits.
L’action de l’École Dentaire de Paris a été plus forte, plus rayonnante, comme tout ce qui émane de la capitale, elle s’est fait sentir sur un champ plus étendu, que ses moyens d’action et sa solide organisation, lui ont permis d’embrasser au delà des limites de Paris,au delà des limites de la France.