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va prendre un mouvemeni de rotation si

ar Bllo-ni*nie, du

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blés à ceux que nous avons décrits, c'est-à-dire des aoneanx

et des satellites, circulant autour de son centre, dans le sens

de son mouvement de

distribution rég^ulière de ia masse des anneaux de Saturne autour de son centre et dans le plan de son équatenr résulte naturellement de cette hypothèse et sans elle devient inexplicable; ces anneaux me paraissent être des preuves toujours subsistantes de l'extension primitive de l'atmosphère de Saturne et de ses retraites successiies.

Ainsi, les phénomènes singuliers du peu d'excentricité des orbes des planètes et des satellites, du peu d'inclinaison de ces orbes à l'équateur solaire et de l'identité du sens des mouvements de rotation

Fig. B. — Mode de formalion ^t de féVOlutlOn de tOUS

^■ude pianèiô et de tes siieUitos. ces Corps avec celui de

la rotation du Soleil,

découlent de l'hypothèse que nous proposons et lui dorment

une grande vraisemblance, qui peut encore être augmentée

par la considération suivante :

<i Tous les corps qui circulent autour d'une planète ayant été, suivant cette hypothèse, formés par les zones que son

atmosphère a successivement abandonnées, et son mouvement de rotation étant devenu de plus en plus rapide, la durée de ces mouvements doit être moindre que celle de la révolution de ces différents corps, ce qui a lieu semblabiement pour le Soleil comparé aux planètes. Tout cela est confirmé par les observations. La durée de la révolution de l'anneau le plus voisin de Saturne est, suivant les observations d'Herschel, j. 438, et celle de la rotation de Saturne n'est que de j. 427. La différence j. 011 est peu considérable, comme cela doit être, parce que la partie de l'atmosphère de Saturne que la diminution de la chaleur a déposée à la surface de cette planète depuis la formation de l'anneau, ayant été peu considérable et venant d'une petite hauteur, a dû peu augmenter la rotation de la planète.

« Si le système solaire s'était formé avec une parfaite régularité, les orbites des corps qui le composent seraient des cercles, dont les plans, ainsi que ceux des divers équateurs et des anneaux, coïncideraient avec le plan de l'équateur solaire. Mais on conçoit que les variétés sans nombre qui ont dû exister dans la température et la densité des diverses parties de ces grandes masses ont produit les excentricités de leurs orbites et les déviations de leurs mouvements du plan de cet équateur.

« Dans notre hypothèse, les comètes sont étrangères au système planétaire. En les considérant, ainsi que nous l'avons fait, comme de petites nébuleuses, errant de systèmes en systèmes solaires et formées par la condensation de la matière nébuleuse répandue avec tant de profusion dans l'univers, on voit que lorsqu'elles parviennent dans la partie de l'espace où l'attraction du Soleil est prédominante, il les force à décrire des orbes elliptiques ou hyperboliques. Mais leurs vitesses étant également possibles suivant toutes les directions, elles doivent se mouvoir indifféremment dans tous les sens et sous toutes les inclinaisons de l'écliptique, ce qui est conforme à ce que l'on observe. Ainsi la condensation de la matière nébuleuse, par laquelle nous venons d'expliquer les mouvements de rotation et de révolution des planètes et des sa^tellites dans le même sens et sur des plans

peu différents, explique également pourquoi les mouvements des comètes s'écartent de cette loi générale.

« L'examen approfondi de toutes les circonstances de ce système accroît encore la probabilité de notre hypothèse. La fluidité primitive des planètes est clairement indiquée par l'aplatissement de leur figure, conforme aux lois de l'attraction mutuelle de leurs molécules ; elle est, de plus, prouvée pour la Terre, par la diminution régulière de la pesanteur en allant de l'équateur au pôle. »

A cette hypothèse de Laplace, plusieurs objections ont été faites. D'abord quelques satellites sont à des distances de leur planète incompatibles avec cette hypothèse. De plus, les systèmes planétaires les plus rapprochés sont directs, tandis que les plus éloignés se ht rétrogrades ; ce fait était inconnu de Laplace et sa théorie ne permet pas d'en rendre compte. Enfin on a découvert, autour de Jupiter et de Saturne, des satellites à révolution rétrograde. — C'est pour répondre à ces deux premières difficultés que Faye (qui ignorait la troisième, dont sa théorie ne peut d'aillëUrs rendre compte) a imaginé une nouvelle hypothèse cosmogonique.

« L'espace, dit Faye (l),est à l'origine rempli par un chaos général excessivement rare, formé de tous les éléments de la chimie terrestre, plus ou moins mêlés et confondus. Ces matériaux, soumis d'ailleurs à leurs attractions mutuelles, étaient dès le commencement animés de mouvements divers qui en ont provoqué la séparation en lambeaux ou nuées. Ceux-ci ont conservé une translation rapide et des girations intestines pluà ou moins lentes. Ces myriades de lambeaux chaotiques ont donné naissance par voie de condensation progressive aux divers mondes de l'univers. »

(1) Fatb (Hervé), astronome,^ né en 1814, est mort en 1902. Élève à TÉcolo polytechnique en 1832, il se livra ensuite à l'industrie, puis entra à l'Observatoire sur la recommandation d'Arago.

Il fut ensuite professeur de géodésie à l'École polytechnique, de L848 à 1854, puis nommé recteur de l'Âcadémio de Nancy et président du Bureau des Longitudes. Il fut quelque temps ministre de l'Instruction publique, puis ne s'occupa plus que de travaux scientifiques. Ses principaux ouvrages ont trait à l'astronomie physique et à la météorologie. Dans un travail intitulé Sur l'origine des mondes : Théories eosmogonigties des anciens et des modernes^ il a fortement critiqué le système cosmogonique de Laplace.

HERVÉ FAÏE (

Astronome fn

Né à Ssint-Benoît-du-Seult

Divers cas se produiront suivant l'intensité des mouvements giratoires et la forme des lambeaux. On aura ainsi une étoile sans satellite, ou un amas d'étoiles tournant autour d'un centre de gravité commun. Mais le cas le plus général est celui d'un amas « non

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Fig. 10. — Le système solaire.

sphérique, non homogène, et animé de tourbillonnements susceptibles de se résoudre en une giration unique ».

Nous arrivons ainsi à un certain nombre de corps séparés, décrivant finalement des ellipses plus ou moins excentriques, ayant leur foyer commun ou centre de gravité. »

C'est le cas de notre système solaire, qui présente en outre cette remarquable particularité que les orbites des planètes y sont presque circulaires.

« Il faut donc que, parmi les conditions initiales de notre lambeau chaotique, il s'en soit trouvé une qui ait empêché les girations de dégénérer en mouvements elliptiques, et qui ait rectifié d'abord et fermement conservé ensuite la forme à peu près circulaire à travers toutes les péripéties. »

Nous n'insisterons pas sur les développements mécaniques que comporte cette ingénieuse hypothèse. Disons seulement qu'elle rend beaucoup moins facilement, compte que celle de Laplace de . la faiblesse des excentricités et des inclinaisons. Les objections à la cosmogonie de Laplace, que Faye voulait éviter, ont pu être résolues par une autre voie, sans sortir de l'idée directrice imaginée par l'illustre astronome. La théorie de Faye, d'ailleurs, ne rend pas mieux compte que celle de Laplace de l'existence du mouvement rétrograde des satellites extérieurs de Jupiter et de Saturne.

Plus récemment, M. du Ligondès (1) a émis une théorie qui présente quelque analogie avec celle de Kant. Primitivement le monde est comme un essaim de projectiles se croisant au hasard. Ce sont les chocs qui produisent l'évolution. D'abord a lieu une concentration progressive : deux masses, en effet, qui se rencontrent, perdent leur vitesse et peuvent être attirées par une autre masse à laquelle elles vont s'unir. Le jeu des mêmes chocs, à travers toutes sortes de transformations, dont certaines se neutralisent les unes les autres, finit par produire un système d'orbites peu excentriques et peu inclinées. On arrive ainsi à un Cosmos admirablement réglé.

Enfin, d'après Séc (2), les planètes ne se sont pas détachées du Soleil, pas plus que la Lune de la Terre. Ces astres ont eu de tout temps une existence individuelle. Us ont été captés par le Soleil et par la Terre, grâce à l'atmosphère résistant de ces derniers corps, capable aijisi de diminuer la vitesse de tout astre vagabond qui y pénétrait et de rendre son orbite, d'abord hyperbolique, puis elliptique, enfin presque circulaire. Peu à peu d'ailleurs cette atmosphère s'est résorbée, par suite d'un refroidissement, et l'astre a continué à circuler d'une manière à peu près uniforme autour du Soleil ou de la Terre. Cette explication peut s'étendre à toute planète et à tout satellite en général.

. Chacune de ces théories a le mérite de rendre compte de certains faits ; aucune ne réussit à dissiper toutes les obscurités : pourrait-il en être autrement en un sujet si difficile ? D'après H. Poincaré (3), qui a soumis ces hypothèses à une pénétrante aneJyse, c'est la cosmogonie de Laplace qu'on peut aujourd'hui encore considérer comme la plus vraisemblable et la plus satisfaisante pour l'esprit ;

(1) Formation méecuiiçtie du Système du monde (1897).

(2) T/ie Capture Theory of cotmical Evolution (1910).

(3) Les Hypothèses cosmogoniques (1911).

et il n'est pas démontré que les faits nouveaux, qui semblent la contredire, ne pourront pas finalement être expliqués par elle. Voici sa conclusion :

« La plus vieille hypothèse est celle de Laplace; mais sa vieillesse est vigoureuse et, pour son âge, elle n'a pas trop de rides. Malgré les objections qu'on lui a opposées, malgré les découvertes que les astronomes ont faites et qui auraient bien étonné Laplace, elle est toujours debout et c'est encore elle qui rend le mieux compte des faits ; c'est elle qui répond le mieux à la question que s'était posée son auteur : pourquoi Tordre règne-t-il dans le système solaire, si cet ordre n'est pas dû au hasard? De temps en temps une brèche s'ouvrait dans le vieil édifice ; mais elle était promptement réparée et l'édifice ne tombait pas. »

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