II. — L'éducation chez les Australiens
Des trois grands types constituant le genre humain, c'est-à-dire de l'homme noir, de l'homme jaune et de l*homme blanc avec leurs diverses races et variétés, le premier type, celui du nègre, est actuellement le plus inférieur ; c'est donc par lui, que nous devons commencer notre investigation. Mais, et il importe de le rappeler, il existe un certain nombre de races nègres, qui, physiquement et surtout psychiquement, sont très distinctes. La plus humble, celle qui par ses représentants les plus infimes confine à l'animalité, est la race nègre dite Mélanésienne, comprenant elle-même deux sous-races : celle
(i) Ch. Letoarneau, L'Évolution littéraire (passim).
alie el celle de U Paf^maâ^. aBalomiquemcnt lies sofiout par la cbevelare boa<-l<V chez l'Aus-
crépue chez les Papous, naîç «pii. «o poiol de vue l meotal. ^tal ia^^Ieaient déieloppres: la sous- Aostraiie et de Tasiaaaîe ^lanl liv-5 Dotablemcnl ire à l'aulre. — Notre m^lhcHle nous prescril donc T d'abord la première de ces M>iis-nees el j*eii herai \i-^ Veddahs de CeyUa. qui ïemblenl bien
protolTpfs des Doir^ Ur^vidieos de l'Inde et se ■»?-i,jue ^iiremeot croisés avec ie* Anstraliens h.
->int de vue p^dago.^i^jue. il v a peu k dire des ï. Il e>t à croire qav. chez eax. l'éducalioD de
Ç4> fait '^Ds qa'oQ y pen?e. par simple imitation •rt-: si If.'s Veddafas noas ÎDiéressenl. c'est surtout - e\lrt-me dêbitiLé mentale : ils marqoent presque u le pais inf^ri-'ur t>ii pui^:^ noroialenieDl rester
■ huiiiuiii. Ainsi lear lausue ne comprend qu'un it nombre de m-As •iési^nant les êtres ou objets
■ ujueis; on ne peut s'en servir, pour décrire les les plus ■•rdiiiairi-s, sans recourir anx périphrases
siiij:ii!ière> l". Leur mémoire est si Tugace qu'on I lui oul-^ior le nom de sa femme, dont il était ili'piiij tP'is j.'tirs. i.» ilu Ditiins ne retrouver ce
après iiiu' I.-i:i:ue n-'-jxîon. l'n autre ne se souveus des 11..111S de s.'s p-r.' et mère défunts. —
nos tK's jeunes enfants, les Veddahs ne peuvent ir l'idée de nombre : leur langue étant absolument d expr\'ssk>ns numériques, ils ne sauraient dire
■ deux -, .• tn>is -, el 110 savent même pas compter ■s di>ij:ls 2 , Cette raiv. inlérv>ssaiite par sa grosuème et d'ailleurs presque êleinle aujourd'hui,
CH. II. — l'éducation en mélânésie 37
nous représente certainement l'un des types humains les plus mal dégagés de l'animalité.
L* Australien et le Tasmanien, qu'on ne saurait distinguer Tun de Tautre, sont un peu plus développés, mais un peu seulement. Ainsi les Tasmaniens avaient, dans leur langue, des mots pour désigner chacun des végétaux ou animaux, qui jouaient un rôle dans leur pauvre existence ; ils n'en avaient pas pour dire « arbre, poisson, oiseau» en général {\). A plus forte raison les langues australiennes sont-elles dépourvues d'expressiousgénérales cl abstraites, correspondant à nos mots «justice, faute, crime, etc ».
En voyant le premier navire européen, celui de Cooic» et des liommes si différents d'eux-mêmes, les Australiens ne manifestaient pas le moindre étonncment. Sur le tillac du navire douze tortues, que les marins avaient pochées, les intéressaient plus que tout le reste (2). Ils acceptaient bien et semblaient même désirer les menus objets, qu*on leur offrait, mais ils les abandonnaient presque aussitôt ; « comme les enfants, dit un voyageur, tout paraissait les distraire; rien ne pouvait les occuper» (3). Quoique capables de tracer sur les rochers, sur les écorces, de grossiers dessins analogues à ceux de nos enfants, les Australiens ne réussissent pas si comprendre nos dessins européens et on en a vu prendre le portrait d'un antre indigène pour \\n vaisseau ou pour un kangourou (4). — Pourtant les Australiens n'en sont plus à l'indigence numérique absolue, que nous avons trouvée chez les Yeddahs de Ceylan ; ils ont des mots distincts pour dire « un » et « deux » ; et, en répétant et combinant ces mots.
(1) Peschel, Races of man. il3.
^2) Cook (Preniier voyage).
(3) D*Entrecas(eaux. Hist. univ, voy. vol. XV, 119.
(4) Tram. Eihn. Soc. (Nouvelle série. Vol. III. p. i27).
38" l'évolution de l'édccation
ils peuvent même dire « trois » (deux plus un) ou «quatre » (doux plus deux) ; enfin leurs plus forts mathématiciens vont jusqu'à «cinq » (1). Certaines tribus Australiennes ont pourtant une expression spéciale pour dire «trois j».- D'autros réussissent, sans doute grâce à des contacts ou des mélanges avec Tétranger, à compter jusqu'à quinze ou vingt (2). Ainsi les tribus fixées sur les rives de la Murray inférieure, disaient « une main » pour cinq et « doux mains », pour dix (3). — Ajoutons que le chani par lequel ils accompagnent leurs cot*i^oborys, leurs ballets primitifs, sont encore presque interjectionnels ; ils no se composent que de quelques mots ou syllabes souvent dépourvus de sens et que Ton répète indéfiniment ; ce qui importe seulement dans le chant, c'est d'observer la mesure et la cadence (i).
Tous ces faits attestent évidemment une grande débilité intellectuelle. Cependant la mémoire est chez les Australiens, plus développée que Tinteiligence ; mais elle l'est, comme celle des animaux. Ainsi le souvenir des lieux et celui d'une foule de particularités locales se gravent profondément dans le cerveau des Australiens ; ils n'oublieront pas. par exemple, tel bouquet d'arbres, telle branche brisée, elc, ctc ; pour tous les faits de ce genre, leur mémoire est impressionnable comme une plaque photographique (o) ; mais il ne faut pas lui demander autre chose. Tout à l'heure, nous constaterons cette débilité mentale en parlant de Téducation scolaire appliquée aux enfants australiens; mais auparavant il nous faut voir en quoi ccmsiste l'éducation indigène.
En Australie, on le sait, le régime du clan primitif est
(1) Standbriclge. Ti\ Ethn. Soc, Vol. I. 304.
(2) Tylor. Civil, prim. 282.
(3) Trans. of thés Hoynl Soc. of Victoria, vol. V!, 151.
(4) Woods, yative iribcs, 241. 242.
(5) Leichard. l'ayebuch : einer Landreise in Amiral,
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encore en vigueur ; mais la petite communauté ne parait guère se soucier de protéger ses enfants nés ou à naître : les avortements, les infanticides sont nombreux et tenus pour incidents, qui ne regardent que les parents. Les enfants du sexe féminin surtout sont très souvent sacrifiés par leurs mères aidées en cela des grand'mèrcs. On ne donne un nom aux enfants que vers Tâge de trois ans et c'est un nom inspiré par une circonstance quelconque, comme la vue d'un arbre appartenant à une espèce particulière, l'apparition subite d'un kangourou, etc. Les parents et les membres du clan sont d'habitude pleins d'indulgence pour les enfants épargnés ; ils no les corrigent jamais, mais bien souvent ils les négligent ; aussi il en résulte de nombreux accidents : les enfants, li%Tés à eux-mêmes, tombent dans le feu ou d'un arbre, sont mordus par un chien, etc. (1). Le très jeune enfant est constamment porté dans un sac en peau d'opossum sur le dos de la mère et, comme celle-ci doit en outre se charger de tout le mobilier du ménage, l'existence nomade des Australiens est fort pénible pour les jeunes mères et ces continuels déplacements où elles jouent un rôle de bêtes de somme leur font horreur (2). Elles allaitent leurs enfants longtemps, jusqu'à Tâge de deux ou trois ans (3), et forcément leur donnent ainsi sans y songer une première éducation.
Sans doute en Australie une bonne partie de l'éducation en général doit être ainsi donnée aux enfants, sans qu'on y vise, par simple imitation spontanée; il existe pourtant un enseignement intentionnel et même différent pour les deux sexes, excepté pour la natation, qui s'enseigne aux filles et aux garçons et fort simplement en les jetant à
(1) R. Brough. Smyth. The Ahorigines of Victoria, 51. 55. 56.
(2) R. Brough. Smylh. Loc, cit. 47-48.
(3) Ibid, 56.
L'É^'0LCT10X DE L ÉIICCftT10?(
i rapidement, ils apprenneot ainsi à na^r, mais 1 acquitteol pas à la manière earopéeone : ils >miiio les chiens, c'esl-i-dire en marchant à tles dans l'eaa.
s les enfants deveons grandelets, les hommes t aux garçons à darder nn javelot, à se servir de e pierre, du bouclier d'écorce, du bâton, à ^rimrbres, à fouiller le sol pour capturer le wombat, : du &let, quand on en poss6de. Cette éducation !st achevée de bonne heure et, comme elle est e, les enfants arrivent vite â rivaliser d'adresse . parents (1).
s petites filles, ce sont les vieilles femmes, qui nt d'institutrices, et elles leur donnent aussi une D appropriée à l'existence qui les attend. Elles ;reni, comment on construit rapidement un abri vent, en détachant et plaçant debout une sorte ïnl d'écorce; où et comment on recueille la omestible; comment on s'approvisionne de comment, en travaillant et sectionnant ces roaide d'une pierre tranchante de forme circuva fait des paniers; elles les dressent à connaître 'pr d'autres plantes propres à tresser des corlleslcur apprennent k faire des filets, à prépnrer nnerie les fibres de ces plantes; à faire du fil et i avec du poil d'opossum (2). En possession de irts et métiers, la jeune lillc possède une insluffisanle. en ce qui concerne l'existence matais tard lilte!< et garçons reçoivent une éducation relativement supérieure, puisqu'elle n'a pas trait besoins physiques; mais cette éducation se comde curieuses cérémonies d'initiation.
CH. II. — l'éducation bn mélanésie 41
Ces pratiques d'initiation ont pour but de marquer la (in de Fenfance; elles se célèbrent à Tàge de la puberté et^ pour les deux sexes^ sont précédées ou accompagnées do diverses opérations ou mutilations. Aux jeunes hommes on fait sauter deux dents, deux incisives, de la mâchoire supérieure; en même temps, on les isole et on les soumet à des sortes d^incantations elc. (1). Puis vient la cérémonie de la circoncision, très différente d'ailleurs de la circoncision sémitique, puisqu'elle consiste en une simple incision axiale sans perte de substance; l'opération se fait avec solennité; douze hommes y prennent part et chacun d'eux est armé d'un petit couteau tranchant en quartzite. Le jeune patient ne profère jamais une plainte ; il ne le doit pas (2).
De seize à dix-huit ans, garçons et filles supportent iinft autre mutilation, l'opération dite gua-noiing^ c'est àdire la perforation du septum nasale pour y introduire le ztigaUy c'est-à-dire un petit cylindre en os, en bois etc. (3).
La grande, la solennelle initiation est une cérémonie compliquée, durant des jours, des semaines, des mois. Chez les Narrinycri^ on la commence par un rapt simulé. La nuit et malgré une feinte résistance des femmes, les hommes s'en vont enlever du campement les jeunes garçons; puis ils leur arrachent la barbe et les oignent, de la tète aux pieds, d'une mixture d'ocre et d'huile. En outre, pendant trois jours et trois nuits, on prive les patients d'aliments et de sommeil ; pourtant il leur est permis de boire de l'eau, mais en l'aspirant avec un roseau. Durant six mois, les catéchumènes doivent rester nus ; tout au plus leur tolère-t-on un léger vCtement sur les
[\) R. Brough. Smylh. Ibid. 62.
12) Ibid. 7:i.
(3) Ihid. 69.
l'évolltion de l'édit-ation l> ce moment de l'initiation, les jeunes gens sont umbi et ils gardent ce titre jusqu'à ce que leur it cru, trois fois, de la longueur de deux pouces. rs de ce noviciat, il est interdit de manger rien qui îiine aux femmes; d'autre part, tout ce que poses jeunes gens, tout ce qu'on leur donne devient eux, narumbi, c'est-à-dire sacré pour le sexe . Tant que dure leur noviciat, les aspirants à la sociale ne peuvent prendre femme; mais on ne 3rdtt pas le commerce intime avec les jcuues filles, ;z les Australiens, pratiquent librement la promis-
6me temps, diverses prohibitions alimentaires posées aux candidats; il est au moins une vinglaine is de gibier, auxquelles ils ne doivent pas toucher, rs certaines de ces interdictions étaient imposées ifance. Ainsi la chair du casoar australien, de
est un aliment rigoureusement prohibé pour les ;ens etj'aî eu occasion de dire ailleurs, comment ohihition sévèrement maintenue engendrait dans au des jeunes australiens un sentiment tout pardu devoir, s'accusant, apr^s chaque infraction à I par un accès de cuisant remords (1). En général nt, ces prohibitions ont un but éducateur; ainsi e les jeunes gens à se nourrir seulement des anis plus difficiles à chasser (^) et par conséquent il te, pour eux, l'obligation d'un entraînement spéjpre à en faire des chasseurs émériles. f'me temps on profile de leur réclusion pour leur •r (les notions jugées très importantes, savoir: la
des fétiches , la connaissance des animaux , celle des animaux interdits sans doute parce
liiliùH lie la incrali: ol la Soci'tloijie d'aprfn t'elknoyra'
»\s. Xalireli-ib''x,eU-. 16, 17.
qu'ils sont totémiques; ainsi tel clan ne doit jamais manger de crocodile ; tel autre doit s'abstenir d'hippopotame etc. Toute violation de ces tabo^xs est punie de mort par les vieillards (1 >, qui jouissent d'une grande au^ torité dans les clans australiens.
Les jeunes filles subissent aussi une initiation du mémo genre sous la surveillance des vieilles femmes. Celles-ci commencent par débroussailler un coin dans la forêt et y construire une hutte interdite aux hommes et oîi se pratiquera une cérémonie, qui doit se célébrer dans un rigoureux secret, mais est sûrement de nature phallique. Dans la hutte sacrée, on pousse des exclamations, on chante de ces chansons très rudimentaires spéciales aux Australiens et où les paroles se mélangent aux interjections; ainsi on entend dire: i< Le feu ne s'éteindra pas » et ensuite: « Okanda, yo! yo ! ». Pendant la durée de ce noviciat, les jeunes filles apprennent en outre certaines danses considérées comme importantes et, comme les jeunes garçons, elles sont aussi ointes et peintes (2). On voit que ces initiations ont, pour les deux sexes, un but social ; elles préparent les jeunes gens à la vie de la tribu, aux obligations qui vont leur incomber; elles les dressent à leurs devoirs futurs. Quoi de plus utile en effet à un Australien que d'être dur à la douleur, bon chasseur, que de connaître ses obligations religieuses etc. L'enseignement donné aux novices de sexe féminin est de môme nature, sans doute nous ne le connaissons pas dans ses détails; mais Texclamation qui a été recueillie au vol: a Le feu ne s'éteindra pas! » suffit à nous renseigner; puisque, pour la femme australienne, le perpétuel entretien du feu, qu'on ne rallume pas sans grande peine, est le premier des devoirs.
a) Woods. Xative Iribes^ 16-47.
(2) R. Brough. Smyth. Ahorigines of Victoria, 59-60.
r.r wi
4i l'évolution de l'éducation
Si maintenant, après avoir parlé de Tinstruction indigène chez les Australiens, nous voyons comment ils se comportent devant l'instruction européenne, nous aurons, en ce qui les concerne, achevé notre rapide investigation. Tout d'abord il fallut les familiariser avec les livres, dont naturellement ils n'avaient pas la moindre idée et qu'ils commencèrent par appeler des « moules », parce qu'ils s'ouvraient et se fermaient alternativement, comme ces coquillages (1). A l'école, on ne trouva pas les petits Australiens inférieurs, pour certaines choses, aux enfants des blancs. Comme ceux-ci et presque aussi facilement, ils apprenaient à lire et à écrire, seulement ils ne pouvaient rester immobiles et étaient toujours en mouvement, un peu comme les singes (2). En ce qui concernait les personnes, les objets, même les faits historiques, ils avaient une excellente mémoire; mais ils retenaient avec une extrême difficulté les règles grammaticales et les nombres (3), c'est-à-dire ce qui avait un caractère abstrait. Enfin, une fois l'éducation européenne terminée, il leur arrivait souvent de retomber en sauvagerie. — Les premières do ces rechutes élonnèrent beaucoup les Européens, quoiqu'elles soient on ne peut plus naturelles. L'histoire de l'Australien Benilong a été longtemps célèbre. C'était un indigène élevé en Angleterre et en apparence tout à fait européanisé. De retour à Sydney, il fui, sur Tordre du roi d'Angleterre, reçu par le gouverneur et admifi à sa table. Partout il était choyé, fôté. Néanmoins et sans que l'on svlt pourquoi, il avkit toujours Tair ennuyé et triste. On ne tarda guère à en connaître la raison. Un beau jour, Benilong se débarrassa de ses habits d'emprunt, renonça à la bonne chère civilisée pour
(!) Tylor. Civil, primitive, 271.
(2) Gunningham. HiH. imiv. voy, vol. LXIII, 101.
(3) J. Bonwick. Daily lifc nml origin ofthe Tasmanians, 4.
CH. II. l'ÉDLCATION en MÉLANÉSIE 43
s*en aller dans les bois rejoindre ses compatriotes et partager leur misérable existence (1).
Aujourd'hui ces cas de réapparition du naturel, revenant au galop malgré Tinstruction européenne, sont bien connus et n'étonnent plus guère. C'est que quelques années d'une éducation artiiicielle« souvent môme assez mal entendue et purement intellectuelle, ne sauraient, ni chez un homme, ni chez un enfant, prévaloir contre Téducation ancestralc, dont les traces héréditaires imprègnent Tétre tout entier. En Australie on a observé de nombreux cas de ces résurrections du vieil homme. Ainsi, à Port Jackson, Tun des gouverneurs avait fondé, pour les enfants indigènes, une école ou plutôt une maison d'éducation d'où les élèves ne sortaient qu'à Tâge de la puberlCy mais alors ils reprenaient le plus souvent en un moment les habitudes de leur race et de leur clan (2). A Técole de Paramatta, les enfants, quoique bien nourris, bien vêtus, bien traités, s'échappaient dès que cela leur était possible, se déshabillaient et rentraient tout nus dans les bois (3). Ces expériences sont probantes; elles prouvent que l'alphabet, l'arithmétique et même la grammaire, n'ont pas le magique pouvoir de refondre tout Tèlre moral et d'eiTacer en un instant les antiques tendances, lentement acquises par une race.