‹ L'évolution de l'éducation dans les diverses races humainesChapitre 55 sur 141 · a vie chez les ïndiem · texte numérisé non relu

a vie chez les ïndiem

levoiï, Loc. cit. 37-38. -- Ulilau. Lof. cit. II. 288.

CH. VI. — l'éducation chez les indiens d' AMÉRIQUE 153

çait un charbon allumé : Il s'agissait de savoir, qui des deux le secouerait le premier. Or, c'était là un jeu digne de Sparte (1).

La rigueur du climat, les privations fréquentes augmentaient encore leur endurance (2).

Enfin, l'éducation morale agissait dans le même sens que l'éducation physique. On ne cessait de raconter aux jeunes garçons les belles actions, les exploits de leurs ancêtres et ces récits enflammaient leur imagination, leur montraient le chemin delà gloire (3). A tout propos, on leur parlait des ennemis de leur tribu et on leur enseignait que la vengeance est un devoir (4). Certains chefs demandaient aux tribus voisines d'autoriser mutuellement leurs jeunes gens à V jouer ensemble » c'est-à-dire à se faire la guerre, à titre de simple sport (5).

Cependant toutes les instructions orales des parents Peaux-Rouges ne portaient pas sur la gloire militaire. Les coutumes, les usages, etc. de la tribu étaient aussi objet d'enseignement (6). Même il y avait un système d'instruction organisé et parfois certains membres du clan, faisant ofGce de précepteurs, avaient pour mission d'enseigner aux enfants les industries, dont personne ne pouvait se passer (7).

Cette éducation, si bien combinée pour faire des corps et des volontés de fer, pour exalter le courage guerrier et l'endurance, était complétée et contrôlée par diverses épreuves et initiations, échelonnées suivant les âges. A

(1) Charlevoix. Lettre XXI. 9.

12) Lafilau. Loc. cit. II. 287.

(3) Gliarlevoix. Loc. cit. 37.

(4) Ctiarlevoix. Loc. cit. 38.

(5) Lafîtau. Loc. cit. t. III. i59.

(6) Laatau. Loc. cit. II. 287.

(7) Sniiths. Inst. Report Ethnol. i88o-^886 (Powell. Indian Lin. guistic families).

sept ou huit ans, les petits garçons étaient soumis à des jeûnes d'un jour ; à seize ans, autre jeûne, mais cette fois de deux jours. Ces jeûnes étaient rigoureux; pendant leur durée, il fallait se passer absolument de boisson, d'aliments et de feu, A dix-huit ou vingt ans, les jeunes gens étaient astreints à un dernier jeûne de quatre jours (1). Tous ces jeûnes étaient imposés aux deux sexes et on allait les subir dans les bois ; les garçons sous la conduite d'un ancien ; les filles avec .une matrone. Ensuite venaient diverses épreuves subies à Toccasion des actes importants de la vie. Ainsi, dans les baaquets donnés par un chef afin de recruter des partisans pour une expédition guerrière, les anciens essayaient la force de volonté des jeunes gens, qui n'avaient pas encore vu Tenncmi, en les accablant de grossières injures, en leur jetant des cendres chaudes sur la tête, etc, etc. A moins d'être déclaré à jamais indigne de porter les armes il fallait supporter toutes ces avanies sans donner le plus léger signe d'impatience (2).

Dans diverses tribus, les jeunes gens n^étaient admis dans la classe des guerriers qu'après une série d'épreuves publiques, qui constituaient de véritables initiations. Ces épreuves, toujours douloureuses, variaient suivant les tribus. Celles des Mandans étaient particulièrement sévères et duraient quatre jours. Entre autres supplices infligés, les jeunes gens devaient rester suspendus à des morceaux de bois passés dans ou sous les muscles des épaules, de la poitrine, des bras. C'était avec joie qu'ils supportaient ces tortures; même les jeunes garçons comptaient avec impatience les mois, les jours, qui les séparaient encore de cette glorieuse cérémonie (3).

(i) 0. Dorsey. Loc, cit. 266.

(2) Charlevoix. Loc, cit, t. v. 323.

(3) Catlin. La vie chez les Indiens, 142.

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Outre ces initiations générales, il en existait de spéciales ; surtout pour devenir un homme-médecine. Chez les MandanSy cette initiation pseudo-médicale ressemblait à celle des jeunes guerriers, mais élait plus cruelle encore. La . principale épreuve consistait à passer une coorrote sous les muscles pectoraux du candidat, qui, ensuite, s'asseyait à terre et se renversait en arrière, mais de telle sorte que la partie supérieure de son corps, le tronc, demeurât suspendue au-dessus du sol par les courroies pectorales. Le patient devait rester toiH un jour dans cette position et, pendant tout ce temps regarder le soleil. A côté de lui se trouvaient deux chœurs, Tun d'ennemis, l'autre d'amLs. Les premiers se raillaient de sa faiblesse présumée, affirmaient qu'il n'irait jamais jusqu'au bout ; au contraire les autres l'exhortaient à se raidir contre la douleur, lui parlaient de l'honneur, de la gloire qui récompenseraient sa fermeté, etc. (1).

Ailleurs l'initiation médicale ne consistait qu'en cérémonies longues, compliquées, solennelles, avec instructions spéciales. D'abord l'initiateur, sorcier ou prêtre, enseignait aux candidats les chants jugés nécessaires pour chercher et recueillir les plantes médicinales et Içs animaux utilisables dans le même but (2). Puis, la période d'instruction achevée, l'initiateur chantait au catéchumène une chanson où il lui parlait de la peine qu'il s'était donnée pour lui, de la haute vertu des connaissances qu'il lui avaient inculquées. Auparavant le candidat s'était purifié dans le sudatorium, en usage chez les Peaux-Rouges et qui consistait en un espèce de four clos, où l'on dégageait de la vapeur en jetant de Teau sur des pierres chauffées au feu.

L'initiation était publique ou du moins elle s'effectuait

(i) Catliiu Tour du Monde,

(2) Hoffmann, l^he mide wiwin or « Grand Médecine Society » (in Jlep.Elhn. of the Smitks. Insi, (188D-i886), p. 191.

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en présence de tous les membres de la confrérie médicale, convoqués à l'avance par Tenvoi de petits bâtonnets destinés à cet usage. — L'initiateur recevait pour ses bons offices des couvertures^ des chevaux, divers présents convenus à l'avance. — En retour, il avait enseigné à son élève et pupille à se servir de plusieurs centaines de substances, qui, toutes, avaient ou devaient avoir une vertu curative, mais une vertu magique ; car c'étaient des fétiches plutôt que des remèdes (1).. De nos jours encore, en 1887, les Cherokis, les plus civilisés des Peaux- Rouges, considéraient que dans l'administration de leurs remèdes, les formules, «les paroles», importaient beaucoup plus que les substances employées (2).

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