CH. IX. LÉOLCATION DANS LE 3I0^DE PÉRÏSIMQUE
cnllés éa nisonnement, de rentendoment, camme on disait jadis. L'usage d'une langue et d'une écriture étrangères, fussent-elles aussi parfaites que possible, ne saurait suflire à réveiller des aptitudes atrophiées : il y faudra sans doute toute une gymnastique intellectuelle, bien combinée et bien longtemps pratiquée.
Je n ai encore rien dit de l'éducation des femmes. Le Japon ancien s'en est pourtant occupé et nous avons vu qu'il avait ses écoles mixtes; mais l'instruction des filles a été plus bornée encore que celle des garçons. Presque toutes cependant apprennent à lire et à écrire l'écriture populaire. Après quoi, on leur administre à hciute dose des moralités banales, à la mode chinoise. Dans des petits manuels classiques, elles apprennent des extraits d'ouvrages chinois: La grande étude des femme.'f, ou les Devoir.^ moraux de la. femme, Vlnstruction pour Vintérienr, les Leçons de morale^ le l^arfait secrétnire, l'ouvrage intitulé les Trente-quatre enfants, qui pourrail s appeler la Morale en action (1), enfin une collection de ctMit petits poèmes, où sont versifiées les connaissances usuelles et ménagères; en somme toute une petite littérature émoUicnte. La peinture, la musique, etc. n*élaient enseignées qu'aux dames de qualité et aux jeunes filles, que les parents plaçaient, dès l'âge de 10 à 12 ans et moyennant finance reçue, dans les nombreuses maisons de prostitution du Japon (2). — Mais, de ce côté aussi, le mouvement de rénovation s'est fait sentir et quantité d'écoles féminines ont été fondées pour inoculer aux Japonaises l'esprit nouveau, qui possède leur pays. Attendons les résultats.
VII. — La science indigène Je ne saurais quitter le Japon sans dire quelques mots
(r G. Bousquet. Loc. cit. 3o4.
(2; Kaempfer. Histoire du Japon. — G. Bousquet. 349.
de sa science indigène. A vrai dire, elle ne lui appartenait pas plus que le reste. Comme tout son bagage iatollectuel, elle était originaire de la Chine , c'est dire qu'elle était restée fort bornée. — Rien de coordonné; rien d'étudié à fond. Pour la médecine, des recettes, dos drogues, des moxas et de Tacupuncture. A la cour du Mikado, il y avait encore des astrologues. — Les mesures chronométriques étaient chinoises: l'année était luni-solaire et de douze mois, les uns de 29, les autres de 30 jours. Quand le retard sur Tannée solaire atteignait un mois, on ajoutait un mois intercalaire ; mais la longueur de ce mois de renfort variait suivant le bon plaisir du mikado [l). Des cycles de 60 ans, chinois ou mongols d'origine, se subdivisaient en périodes de douze ans (2). Toute la partie spéculative de la morale venait de Confucius et on la tenait pour descendue du ciel (3). Il existait, il existe encore au Japon toute une bibliothèque lénifiante et chinoise au moins d'inspiration; ce sont: des contes moraux, des anecdotes historiques , des légendes héroïques ou merveilleuses. La plupart de ces petits écrits sont en vers et n'ont d'autre mérite que la perfection japonaise ou chinoise de la forme: à vrai dire, le fond ne compte pas (4). A la cour du Mikado, une sorte de collège de moralistes, d'historiens, etc., rappelait l'Académie chinoise des Han-lin, dont je parlerai plus tard; mais il en différait en ce que quelques femmes s'y distinguaient à l'égal des hommes et qu'il ne se recrutait pas au concours. Enfin le régime féodal du Japon ne pouvait évidemment tolérer une institution aussi démocratique que Torganisation chinoise de la classe des lettrés.
(\) Jancigny. Loc. c//. 163-165.
;2^ Kaompfer. Loc, cit. I. 244-2\6.
;:0 Ibhl, m 330.
\i] Le Japon illustré. H. 51.
- L ÉDUCATION hJtHS LE UONDE
De notre courl aperçu il résulle manif civilisation japonaise est de beaucoup sup celles que nous avons examinées dans ce oUe est tout imprégnée de civilisation c donc d'apprécier son systt'me d'éducalic aatres peuples mongoliques, qui, plus ou vile autour de la Chine, il importe d'i Nous pourrons ainsi remonter des eiïels formuler ensuite un jugement général.