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domestiques qu'après un délai de cent jours, pendant lequel on la traite en malade (1).
L«e nouveau-né est baigné aussitôt après sa naissance et ne porte jamais de maillot. Le 31^ jour pour les garçons, le 30* jour pour les filles, on donne à l'enfant un nom provisoire. Puis on le laisse grandir en toute liberté et, à trois ans, dans une cérémonie religieuse, il reçoit un nouveau nom et la ceinture. — Toujours son premier devoir est et sera d'obéir docilement à ses parents (2), ce qui est un emprunt à la morale chinoise.
Après la première enfance vient Técole élémentaire, que Ton trouve partout, jusque dans les hameaux des montagnes. Sans être obligatoire, l'instruction primaire est universellement répandue au Japon. Dans ces nombreuses écoles, le système de la coéducation des sexes, si redouté dans notre pays de France, est en vigueur. Filles et garçons y apprennent ensemble Talphabet vulgaire, son usage et ils s'exercent à en retracer au pinceau et à l'encre de Chine les 47 caractères (3). Au Si)rtir de ces écoles primaires, l'enfant sait lire et écrire le Katakanaj compter sur l'abaque {soroban) et il coinprend les livres populaires écrits en langue vulgaire (i).
Dans le Japon, non européanisé, TEtat ne s'occupait point de cette éducation populaire, dont l'organisation était laissée aux parents et il n'y avait d'écoles publiques que pour la noblesse. L'éducation aristocratique comprenait trois degrés : petite, moyenne et grande école. A six ou sept ans, le petit noble entrait à l'école primaire do sa caste et il y passait environ trois ans. 11 y apprenait d*abord récriture vulgaire et le texte des Quatre livres et des Cinq classiques etc., de la Chine, mais sans pou-
(li Jancigny. Loc. cit. 124.
(2) fbid. 125.
(3j G. Bousquet. Loc. cit. 337.
(4) Ibid. 338.
l'ÉVOLLTION de L ÉULCATIOS
comprendre le sens, avant de connaître environ iUe caractères et plusieurs centaines de sons. Puis lençait à écrire les noms des empereurs, ceux des
villes, son propre nom, ceux de ses parents, s rues, des objets usuels, des points cardinaux, ons, etc. ; ensuite il se mettait à copier les procla- . impériales(l). Après quoi, il s'excrçaità calculer baque Csoroban), lisait le Licre des Héros, et était l'étiquette et aux belles manières. — A la fin de sième année, c\amon public, en présence du ou des jTands de la province.
ilèves les plus habiles étaient admis à l'école e ; les autres étaient retenus un an encore (2). moyenne enseignait l'histoire, la rhétorique, les s de batailles, l'écriture chinoise, un peu d'arilh- ! et de géographie, surtout de géographie japo- ;n môme temps Télève était dressé aux exercices s: & l'escrime, à la lutte, au maniement de la
l'équitalion (3).
venait l'instruction supérieure. Les écoles de ; d'Yédo rappelaient assez nos vieilles universités, seignait la théologie, la morale, la pure langue le, ancienne et moderne, la langue, la grammaire ture chinoises, enfin les classiques du Céleste . Mais outre ces deux grandes écoles, il existait des ! supérieurs dans chaque capitale de province. On nait, outre tes matières précédemment indiquées, .hématiqiies, la littérature académique, l'histoire le. Les classes prenaient six heures par jour; s exercices physiques n'étaient point négligés.
l'enseignement des textes, on avait deux sortes csseurs; les uns se chargeaieni des sons, des into-
Ronsquel. Loc. c((.339
il. 340.
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nations seulement, et les autres du sens. Enfin Tinterprotation revenait à ua troisième maître. — Des récompenses étaient distribuées et des punitions infligées. La récompense la plus recherchée était le droit de se parer en public d'une robe blanche brodée aux armes du Taïconn. Les punitions étaient variées et graduées : c'était le fouet, Tobligation de porter pendant plusieurs heures une table sur la tôle, la brûlure de Textrémité de l'index avec un moxa (1). — Vers quinze ou seize ans, l'éducation était terminée.
Du début à la fin, elle était purement mnémonique et plutôt propre à fermer Tesprit qu'à l'ouvrir. Elle faisait des jeunes gens extrêmement polis, très habiles calligraphes, ayant la mémoire toute bourrée de mots chinois et de lieux communs, d'un caraclère extrêmement docile et, à rimitalion de la Chine, leur inslitutrice, très respectueux du passé (2). — Tel élait le syslème d'instruction en vigueur à une époque toute récente encore. Depuis, on le sait, une fièvre de rénovation s'est emparée du royaume « du Soleil Levant » el les Japonais se sont efforcés de secouer la tradition, de devqnir Européens. Ils n'y seraient pas parvenus autant qu'ils paraissent le croire, du moins au dire de l'auteur auquel j'ai emprunté la plupart des renseignements qui précèdent. Pourtant l'effort a élé considérable.
En dehors des écoles primaires, il existe aujourd'hui au Japon de très nombreuses écoles, où des maîtres étrangers enseignent à côté ou à la place des maîtres indigènes. A Yédo seulement, dix écoles supérieures dépendent directement du Ministre de l'Instruction publique et on y compte lOS professeurs, savoir : 58 Japonais, dont six femmes, et quatre étrangers, dont une femme.
^1] G. Bousquet. Loc. cit. 338-340.
(2) G. Bousquet. Loc. cit. 341-344..
l'évolltio.x de l'édccatios élèves sont au nombre de 1502, dont 65 jeuDcs tilles. il y a 6.261 écoles entretenues par les provinces )niptant 5.856 professeurs (1). Ces écoles donnent iruction à 472. OiT jeunes gcus, total imposant, si tient compte du petit nombre d'années qui a suffi à rouper. Dans ces écoles on enseigne le Japonais et le ois, les sciences physiques, la médecine, les sciences les et leur application, l'art de l'ingénieur, l'art mili- , et surtout les langues, principalement l'Anglais (2). succfcs serait médiocre; non pas que les élèves it de mauvaise volonté; au contraire, rien ne le^ te ; ils travaillent sans se lasser, avec uo acharne- ! extrême et une régularité patiente. Leur mémoire xceilenli' et leur perception vive ; mais ils ne réussispas à s'assimiler les sciences de raisonnement : rs les abstractions générales leur seraient m£me à près inaccessibltrs. Enfin le personnel dirigeant des isiscmenls d'instruction est indigène et, à chaque nt, ces directeurs bouleversent les programmes, aincus qu'uil professeur européen est propre à tout , ils chargent sans bésitation un astronome de faire ours de langue, un chimiste d'enseigner la morale gymnastique; à un professeur do législation, ils conla cosmographie ('.i).
lit-on attribuer ces insuccès relatifs surtout à l'impcr- >n de la langue japonaise, comme on le fait ordinaint? Le mal est ^ans doute plus profond. C'est qu'or aurait métamorphoser en un jour un caractère na- I, r^'sullat d'une longue culture continuée pendant jècles. L'n système d'instruction uniquement base les exercices de mémoire doit nécessairement el à In ne rétrécir et stériliser l'esprit, y tuer les hautes fa-
K. Itousquel. I^c. cit. 313.
Ihi'l. 2411.
[bid. 342-347.