‹ L'évolution de l'éducation dans les diverses races humainesChapitre 75 sur 141 · I. — Les origines chinoises · texte numérisé non relu

I. — Les origines chinoises

En étudiant la race jaune ou mongolique, comme nous l'avons fait jusqu'ici, à partir de ses variétés les plus inférieures, nous avons pu suivre, au moins dans ses grandes lig^nes, comme une évolution pédagogique, allant de la sauvagerie besliale du Fuégien aux civilisations grossières sans doute, mais déjà intelligentes, des anciens Etats de TAmérique centrale. Aujourd'hui nous devons faire porter notre investigation sur le grand foyer civilisateur des races mongoliques, sur la Chine. Combien il serait intéressant non seulement pour l'histoire de Téducation, mais même pour la sociologie générale, de connaître rhistoire vraie de ce grand empire, depuisoses origines ! Malheureusement les Etats sont comme les individus ; tous ont eu une période d'enfance, qui n'a laissé aucune trace dans leur mémoire; tous ont commencé par vivre au jour le jour sans trop se soucier du lendemain et sans se souvenir de la veille. Alors même que les sociétés humaines se dégageaient de la sauvagerie et songeaient plus ou moins vaguement à conserver leurs annales, elles n'en avaient pas encore trouvé les moyens. Tous les peuples civilisés ont ainsi passé par une phase protohistorique, dont à peine quelques légendes nous apportent un écho affaibli et altéré, parce qu'il s'est transmis à travers une longue chaîne de générations si frustes encore qu'elles distinguaient mal entre leurs souvenirs et leurs rêves.

L'Empire du Milieu, la seule des grandes sociétés primitives qui ait persisté jusqu'à nos jours, n'a pas fait exceptioD à cette loi générale. De plus la Chine s'est développée à l'écart, isolément ; les grandes et antiques civilisations de l'Inde, de l'Assyrie, de l'Egypte, dont elle a été sûrement contemporaine au moins pendant une notable portion de leur durée, ne l'ont que très peu ou

point connue et ne nous ont pu renseigner sur ses origines. — Des légendes chinoises un fait semble ressortir, c'est que TEmpire des Célestes a été fondé, à une époque qu'on ne saurait préciser, par des émigrants moo^oliques, descendus du grand massif montagneux de l'Asie centrale. C'était, disent les légendes chinoises, les <' Cent familles aux cheveux noirs ». Nous savons que peu de peuples sauvages poussent leur numération jusqu*au nombre « cent » ; il faut donc sans doute attacher simplement au mot « cent », le sens de beaucoup. £n outre, comme le primitif régime du clan s légué de profondes survivances, môme à la Chine contemporaine, les « Cent familles » ont dû être non des familles mais des clans nomades.

Actuellement l'éducation, depuis si longtemps ^iK en vigueur chez les Chinois, n'a plus rien de commun avec le régime du clan primitif. Comme toute l'organisation sociale du pays, elle repose, en théorie, sur Tidée de la famille et même de la famille paternelle ; puisque le respect, la vénération pour le père de famille est la base de toute la morale chinoise : « Pendant la vie de votre père, dit Confucius, observez avec soin sa volonté. Après su mort, ayez toujours les yeux fixés sur ses actions » (I), —Aussi la première éducation est-elle, en Chine, strictement familiale, quoique déjà réglée par la coutume, par les rites. Et de quoi ne se mêlent pas les rites? En Chine, la vie sociale tout entière est enveloppée par eux, comme une momie égyptienne par ses bandelettes.

IL — La première éducation.

Marco Polo rapporte que, de son temps, on avait bien soin, en Chine, de noter le jour et l'heure de la naissance des enfants et en même temps la planète, le signe

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