CH. X. LA PREMIÈRE ÉDUCATION
céleste sous lequel ils étaient nés. Alors Fastrologie était en grand crédit en Chine et Ton n'entreprenait pas un voyage sans avoir dûment pris l'avis d'un astrologue (1). A plus forte raison, le commencement du voyage de la vie relevait-il de la science des astres, et il en doit encore être assez souvent de même.
Le plus ordinairement la mère chinoise nourrit son enfant ; mais, au cas où une nourrice est nécessaire, le livre dos Rites, qui a la prétention de tout régler, indique les qualités qui lui sont indispensables : « Une nourrice doit être modeste dans son extérieur et ses manières, vertueuse dans sa conduite, sobre de paroles et incapable de mensonge, douce par caractère, affable envers ses égaux, respectueuse envers ses supérieurs ». Il paraît qu'en Chine ces nourrices parfaites ne sont pas trop difficiles à trouver (2).
Si le Livre des Rites est si exigeant, c'est qu'il fait commencer l'éducation au moment même de la naissance ; car depuis longtemps la vieille civilisation chinoise n'en est plus à la libre éducation, que nous avons trouvée en pays sauvage. — Dès qu'un enfant chinois peut porter la main à sa bouche, on doit le sevrer et lui apprendre à se servir de sa main droite. A six ans, l'instruction proprement dite commence et l'on débute par enseigner aux petits garçons d'abord les noms de nombre les plus ordinaires, puis un peu de géographie et les noms des principaux pays du monde. A sept ans, le petit garçon est séparé de ses sœurs et dès lors il lui est interdit non seulement de manger avec elles, mais même de s'asseoir en leur présence (3). A huit ans, on forme l'enfant aux règles jugées si importantes de la politesse, de cette vertu factice, qui, dans l'opinion des Chinois, rappelle les
(i) Marco Polo. BibL des Merveilles,
(2) Abbé Grosier. Description de la Chine, t. II. 267.
(3) Grosier. Loc. cit. 268.
258 L'ÈVOLtTiON DE l'ÉDUCAXIOX
vertus réelles et parfois niëme y supplée. On apprend petit garçoa^ comment il doit entrer eu sortir d'uae soa et ce qu'il doit faire^ alors qu'il y reocoatre des soanes d*àge plus ou moius mûx. A neuf aas, il se fisuxiiliarise avec le calendrier. A dix aas, oa TeavcMe aux écoles publiques, où le maître lui euseigue les élémeckis de la lecture, dâ l'écriture^ du calcul. — A treize aos^ le jeune garçou apprend à ctianter ; mais la musique lui esi euseiguée surtout au point de vue moral,^ aussi use chaaie- 141 que des préceptes moraux. Auciennemeut toutes lesno4.ion& apprises aux enfants Tétaient sous une forme rythmée^ eu vers^ et on les leur apprcHdait ea jouaut (1).
Telle est la première éducation, pour les garçons. Celle des âUes est beaucoup plus simple. Elle se donne àila mai* son et consiste surtout à les préparer au rôle efifaeé, qcne leur réserve la société chinoise, à les habituer i la modieslie» au sUence,. à Tobéissance passive (2), eafia à en feire, suivaat Texpression chinoise « des ombres et des écbâs ^^ Gepeadaat les fillles riches ou celles que certains ealremetteurs élèvent pour ea tirer parofit plus tard appr%iuaefti quelques arts d'agrément, notamment ua peu de musique et de chaaL
A quinze ans> les adolescents du sexe masculia font de la gynmastique et des exercices de corps ; oa leur appreud à tirer de Tare et à monter à cheval (3), mais non pas sûrement dans toutes les classes de la société ; car oa sait ea quel discrédit est teau en Chine le métier des armes. — L'éducatioa ultérieure ne se donne guère qu aux jeuaes geas^ qui ont„ ou pour lesquels cm a^ de Tambition, à ceux pour lesquels on vise dans Faveair» Taccession au mandarinat. Mais„ comme cette instructioa relevée est surtout littéraire^ il aous est, pour Vappré-
(1) Grosier. Loc. cit, 268. 269*
(2) Ihid. 277.
(3) Ibid, 269.