IV. — L'éducation chez les Berbères
. Les populations africaines de race éthiopienne ont été en incessant contact avec TËgypte. Longtemps même on a cru que le monde leur devait la très vieille civilisation de la basse vallée du Nil. Il n'en est rien. C'est TElhiopie, qui a été la débitrice de TEgypIe et a été plus ou moins civilisée par elle. Les fondateurs de la très primitive Egypte appartenaient à une race blanche et les chefs-d'œuvre de la sculpture égyptienne, qui nous ont été conservés, nous les représentent encore (avec des traits que Ton peut appeler européens). Or, ces pères de la plus ancienne civilisation du globe n'étaient pas des Sémites. La souche, à laquelle ils se rattachent, c'est la grande race préhistorique et historique, que les anciens ont appelée, en Afrique, lybiènnej mais dont on retrouve les restes et les traces dans nombre de contrées : sur tout le littoral et dans les îles de la Méditerranée, dans l'Europe méridionale, dans la France sud-occidentale, aux lies Britanniques, aux iles Canaries et enfin dans tout le Sahara. Il est commode, et on le fait généralement, de donner actuellement à cette race le nom de Berbère.
Si Ton avait mieux étudié les Guanches canariens, miraculeusement conservés jusqu'au XVI • siècle avec leur civilisation de la pierre polie, les origines de notre civilisation occidentale nous seraient plus connues et nous saurions notamment ce qu'a pu être l'éducation chez les Berbères primitifs. Sans y penser cependant, les chroniqueurs nous ont conservé quelques traits utiles à relever. Les Guanches, nous disent-ils, fabriquaient habilement des haches en obsidienne, des dards dont la pointe restait dans la blessure, des flèches, des frondes, des boucliers. Soit à la main, soit à la fronde, ils lançaient des
l'écriture temàhâqoM lybienne, aoalogu
tibérienne et doot certains caraclëres si
les monnnients de l'ancienne Egypte (1).
de ces caractères nous dévoile, comme i
gioe, faire considérable, occupée ou pa
les peuples de race berbère ; puisqu'on i
crtptions : sur les rochers du Sahara, oîi
à fait primilifs caractérisent aussi u
ancienne encore (2), en Tunisie, en Es
ries et eitftn sur les monuments mégalit
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très anciens alphabets (iybien, étrus
osqae. sidonien, lycîen) et sur les mom
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ces signes fout encore partie de l'écri
actuels, de cette écriture tejnâhaq ou
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les Berbères primitifs et les fondateurs
d'ailleurs, n'ayant pu être ni Ethiopiei
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Comme preuve dernière des intimes rap
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bas-relief exhumé à Ghadamès et don
analogue, mais non point identique, au :
Sur l'éducation en vigueur chez les Ti
raias, nous avons quelques notions ass
cette éducation est simplement arabe,
très petite minorité et donnée par des
\\\ Duveyrier. Loc. cil. p. 330. pi. XXII. (21 Ibid. 390.
(3) Ch. Lctourneau. Signes alpkabiflif'ormes gaiilhiguet. (Bull. Soc. d'Antliropoiogie : 19 ja
(4) Duvevrier. Loc. cit. 420.
(b! /6irf.'250-2Bl. (PI. X. Fi g. 2).
eu. XI. — LE HONbG ÉGTPTIfiN
leurs des premiers zodiaques, ils ont transpor dans lo ciel. Les éclipses sont, pour eux, ( durant lesquelles l'un des deux astres en cauE ou la lune, se précipite méchaniincnt sur l'au connaissent bien la géographie de la vaste r cesse parcourue par eux, l'espace entre le P Méditerranée, la route de la Mecque, mais cela Au contraire, en botanique, ils sont familiers la flore, modeste d'ailleurs, du Sahara; les des plantes, les terrains préférés par chaque ei sont connus (2). Tel est le pauvre inventain touareg.
"V. — Véduc&lion chez les Kabyles Chez les Touareg, nous avons encore trouv restes d'anciennes connaissanccG indigènes, p race même. En Kabylie, la civilisation arabe s tuée totalement h. la civilisation Berbère pour a trait h l'instruction ; je pourrai donc n'en par brièvement. A part la classe des bardes, trouvi teurs ambulants, tes uns de genre sérieux, U genve léger, mais dont j'ai traité jadisàpropi lution littéraire (3), il n'y a rien d'original en K ce qui est du domaine intellectuel.
De même que dans le Sahara, l'éducation in est entre les mains du clergé, des maraboul<;. tient à la mosquée et le marabout y enseigne l'écriture, les premières leçons du Koran (4). tains villages de marabouts, l'instruction est o toujours elle est gratuite (5). A vrai dire 1' guère fréqueutée que par les enfants des :
(I) Duveyrier. Loc. cil. 422.
|3) Voir rooQ Evolution littéraire.
(4) Hanoteau el Leiourneux. 11, 37.
(5) Ibid. m, 174.
pierre, même de la pierre grossièrement taillée, comme de récentes recherches, notamment celles de MM. Lajard et Morgan (1), Tont établi sans conteste.
Durant cette très longue phase préhistorique, l'éducation a dii être, en Egypte, ce qu'elle est partout aux périodes correspondantes du développement social, c'est-àdire spontanée et familiale. Mais, comme le pays des Pharaons a été, dès l'origine, éminemment conservateur, cette éducation primitive y a persisté plus longtemps que partout ailleurs. En Egypte l'hérédité dans les castes, dans les classes, même celle des métiers, faisait de l'éducation domestique une nécessité. Un arbre généalogique, trouvé dans un tombeau, a montré, dans une môme famille, vingt-cinq générations d'architectes (2). En Egypte, les architocles,, peintres, dessinateurs, sculpteurs étaient considérés comme de simples manœuvres et en effet la plupart, en raison de l'invariabilité des coutumes, n'étaient guère que des praticiens routiniers (3). On sait que, sous dos peines graves, il élait interdit à l'ouvrier industriel de changer de métier. Les artisans, sans initiative, étaient groupés en corporations, ayant chacune leur chef et logeant ordinairement dans le même quartier (4). Les pères, qui étaient cordonniers, maçons, forgerons, etc, donnaient donc nécessairement à leurs enfants une éducation professionnelle, que la pratique, peut-être Tapprentissage perfectionnaient ensuite. Enfin, parmi les jouets égj'^ptiens très analogues aux nôtres, il y avait des jouets éducateurs, par exemple, des forgerons à bras mobiles, des instruments agricoles, etc.
(i) Bull. Soc. (VAnthrop. 1896.
':>) Lepsius. Briefe. 309-310. — Brugscli. Hist, (V Egypte. 259.
(3) Maspéro. Histoire ancienne des peuples de l'Orient classique. 403-404.
(4) Ibid. 310-311.
(.")) Charapollion-Figeac. Egypte ancienne. 183. — Maspéro. Loc, cit. 318.
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L*»'''liKration scif^nlifiqne parait avoir été confinée dans UîS l^'HipI^*?. même pour les connaissances élémentaires. A i'U 'r foire Diodorr*. il y aurait en. pour les enfants, des ^'Coh-* cN'ricalcs: * Les pn*tres, dit-il. exercent les enfan!*» dan*» l'élude de rarithméliqoe et de la géométrie: car les inondations du Nil détruisant chaque année les limites des terres, de nombreuses contestations s'élèvent entre les voisins et c'est par la géométrie qu*on les vide fi,. L'arithmétique, continue-t-il, sert aussi pour les usi'i^es sociaux et pour les spéculations de la géomé-
(\}M. Dtmcker. Le)t lu/ypiiens. 257.
(2) Champollion'F'igr'ac. Loc. cil. 92.
('Jj MaH|)rTO. Loc. cit. 307.
(4) Chatnpollion-Figeac. Loc. cil. U9.
{!i) fhid. 149. *
(6) Diodore. Livre I. par. 81.
CH. XI. LE 3I0NDE ÉGYBTIEN 307
trie; elle est surtout utile à ceux qui cultivent Tastrologie » (1).
Ce fut à'un Dieu, à Thot, que les Egyptiens attribuèrent rinvenlion de tous les arts, de toutes les sciences, car ils ne fxouvaient concevoir Tidée de progrès, d'évolution spontanée, de perfectibilité de Tesprit humain. Pour eux, chaque art avait dû naître complet, comme ils le connaissaient; aussi imaginèrent-ils des dynasties divines, qui avaient gouverné le monde jusqu'au moment où les hommes furent suffisamment policés par elles (2).
Dos renseignements fragmentaires, que nous possédons, on peut, en somme, conclure que les enfants recevaient, dans Tancienne Egypte, une éducation pratique et diverse suivant leur condition sociale. Ils y étaient fort nombreux; car on encourageait beaucoup l'accroissement delà population. Les parents étaient légalement obligés fie nourrir tous leurs enfants, quels qu*ils fussent, et la \o\ ne reconnaissait pas d'enfants illégitimes, même quand la mère était esclave. L'élevage des enfants ne constituait d'ailleurs qu'une charge assez légère. D'après Diodoro, une modique somme de vingt drachmes suffisait pour entretenir un enfant, de la naissance à la puberté (3). Evidemment le vêtement devait êlre à peu près supprimé, durant la première enfance, et Talimentation était exlrèmement simple.