‹ L'évolution de l'esclavage dans les diverses races humainesChapitre 124 sur 147 · I. Le commerce des esclaves · texte numérisé non relu

I. Le commerce des esclaves

A Rome, le commerce des esclaves se faisait à peu près comme en Grèce, mais sur une bien plus vaste échelle. En dehors des esclaves fournis par la piraterie, les guerres el

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les conquêtes iacessantes jetaient sur les marchés romains des foules d'esclaves (1). Les marchands achetaient les captifs soit directement de la République^ soit des soldats, auxquels les généraux les avaient donnés comme part de butin. A Rome mème^ où le mouvement commercial était naturellement le plus considérable, les esclaves affluaient, amenés qu'ils étaient de contrées très diverses. Au marché, les esclaves à vendre étaient exposés sur une plate-forme . Leurs pieds étaient peints en blanc ; c'était le signe de la servitude. Les prisonniers de guerre portaient une couronne. Parfois un écriteau suspendu au cou énonçait l'origine, les qualités, les aptitudes de l'esclave à vendre. Le bonnet signifiait que le marchand entendait ne rien garantir. Les esclaves de travail ou les esclaves de plaisir se vendaient souvent par lots, dans lesquels le marchand essayait de glisser quelques articles avariés, par exemple, des vieillards (2) . Dans la vente au détail, l'acheteur examinait le sujet offert, essayait sa force, son agilité, le cas échéant, ses talents de littérateur ou de musicien (3). Pour le commun des esclaves, la vente se faisait en public ; mais pour les esclaves de choix, l'affaire se concluait dans la boutique du marchand ; les esclaves de prix étaient souvent des enfants destinés à la prostitution. L'esclave était alors exposé sur une catasta, sorte de table à pivot, analogue à la selle de nos sculpteurs, et les amateurs avait toute facilité pour examiner, palper et choisir (4). — La vente se pouvait conclure soit à forfait, soit à l'essai. Dans tous les cas, le marchand vantait samarchandise, la parait, en masquait les tares et défauts, quoique la loi lui fit une obligation de ne rien dissimuler (5) ; en droit, il était également

(1) Cubain. Lois civiles de Rome, 125.

(2) Wallon. Loc. cit. y II, 52-53.

(3, Ibid,, II, 52.

(4) Moreau-Christophe. I>roit à Voisiveté. 150.

(5) Wallon. Loc, cit., II, 55.

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tenu de ce qu'il avait affirmé ou promis. L'acheteur avait même contre le vendeur l'action rédhibitoire et Taction en indemnité (1).

Tout esclave, qui avait tenté de s'enfuir, qui même en avait eu l'intention, était flétri et perdait beaucoup de sa valeur vénale ; on le devait alors marquer au front. Mauvaise noie, si Tesclave était descendu dans l'arène ; car c'était la marque d'un caractère trop audacieux ; mauvaise note encore, s'il avait essayé de se suicider. Le pays d'origine influait notablement sur la valeur marchande; le Sarde était présumé rebelle ; le Corse, cruel. On estimait le Syrien pour sa force ; Tlonien pour sa beauté ; l'Alexandrin comme chanteur habile et dépravé (2). La meilleure recommandation était la possession d'un pécule, considéré comme une garantie de docilité, d'honnêteté, de bon service (3).

Le prix deTesclave variait naturellement suivant Tâge, le^ qualités, la loi de l'offre et de la demande. Après une conquête, la marchandise affluait et les prix s'avilissaient. Plutarque nous apprend (4) que, dans le camp de Lucullus, un esclave fut vendu quatre drachmes, environ trois francs^ cinquante centimes. Le prix moyen semble avoir été, à l'époque des Antonins, de 5 à 600 francs ; mais il y avait des prix de fantaisie ; des jeunes femmes, des jeunes enfants furent achetésjusqu à iOO 00t> sesterces (23.000 fr. environ); des prodigues, des débauchés vendaient leurs biens pour faire de telles acquisitions (o).

En résumé, le commerce des esclaves se faisait à Rome à peu près comme en Grèce ; il n'a de spécial chez les Romains que son importance beaucoup plus considérable ;

(1) Wallon. Z:oc. cit., 59.

(2) Ibid,, 57.

(3) /ôjrf., 61-62.

(4) Moreau-Christophe. Loc, cit., 247.

(5) Vie de Lucullus. — Martial, XII.

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puisque, tant que Rome fut conquérante, chaque campagne victorieuse jetait sur les marchés des foules de captifs à vendre. Mais le grand nombre des esclaves eut à Rome une conséquence spéciale, celle de créer une classe nombreuse d'affranchis, qui influèrent d'une façon très fâcheuse sur les destinées du peuple roi.

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