I. Les barbares d'Europe
Les populations de THellade et de Rome, dont nous venons de nous occuper, ont fondé des sociétés très civilisées, qui ont laissé dans Thistoire du genre humain une
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inoubliable trace. Que la majorité d'enlre elles aient eu pour ancêtres des tribus barbares, originaires de l'Asie et de race aryenne, c'est un fait aujourd'hui incontesté. Mais ce< immigrants ne trouvèrent pas l'Europe déserte. Bien avanl eux, durant les âges préhistoriques les plus lointains, des premiers occupants avaient vécu dans notre continent. C'est à ces premiers occupants, qu'il faut attribuer la plupart de nos monuments mégalithiques. Dans certaines régions, ces Européens primitifs avaient atteint un degré assez avancé de civilisation. Par exemple, les populations, san< doute préaryennes, qui ont édifié les constructions diteï^ péélasgiques, étaient sûrement sorties depuis bien longtemps de la sauvagerie : il leur a manqué une écriture et des historiens.
En dehors et autour des grands foyers grecs et latins, l'Europe ancienne était couverte de tribus plus ou moins barbares ou sauvages, dont une partie seulement fut subjuguée par les Gréco-latins. C'est cette population, que nous avons maintenant à étudier au point de vue de l'esclavage. Sur elle, les écrivains de l'antiquité n'ont jamais eu aucune vue d'ensemble. Le plus souvent leurs géographes, leurs historiens ont simplement recueilli sans critique, sans classement, les noms des peuples ou peuplades, avec lesquels les armées ou les voyageurs de leurs pays respectifs avaient été en conflit ou en rapport. — I^ célèbre division en trois races des populations de la Gaule, que nous trouvons dans César, est ce que les anciens nous ont laissé de plus large et de plus juste en fait de répartition ethnographique. Or. il faut d*abord identifier les Belges de César avec les Germains ; ou, si l'on veut, avec les Kymris, qui étaient des Celto-Germains. Quant aux Celtes, ils n'étaient point tous cantonnés en Gaule ; mais ils occupaient et occupent encore toute l'Europe moyenne et une partie des îles britanniques. Les Aquitains de César se rattachaient aux Ibères, ainsi que le constate d'aillenrs Strabon, en s'appuyant sur la confor-
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mité des langues et des caractères physiques (1). Aujourd'hui nous sommes portés à relier les uos et les autres, les Aquitains et les Ibères, à une grande race africaine, la race berbère, qui a dû fournir les premiers habitants de l'Europe méridionale et occidentale, peut-être même ceux de Tantique Etrurie.
Une vue générale de l'Europe barbare, en dehors de l'Italie romaine et de la Grèce, nous la montre donc occupée surtout par quatre grandes races : une race berbère au sud ; une race celtique dans la zone moyenne ; la race germanique occupant la Scandinavie et le nord de l'Allemagne acluelle ; enfin, à Test, la race slave mélangée de Finnois et de Tartares. Ce sont ces races, que nous avons à interroger Tune après l'autre, afin de savoir comment elles ont entendu et pratiqué l'esclavage.