‹ L'évolution de l'esclavage dans les diverses races humainesChapitre 23 sur 147 · PREFACE XXI · texte numérisé non relu

PREFACE XXI

tir de ce moment, la législation le couvrit d'un minimum de tutelle. Dès lors, ilfut un peu moins accablé et, au cours des siècles, fut graduellement remplacé, dans le travail rural, par le serf ou le colon ; dans le travail industriel, par Touvrier salarié, libre en droit, mais contraint, chaque jour, d'aliéner pour vivre sa liberté de principe.

Il est extrêmement intéressant de voir,en suivant l'évolution sociale, pourquoi et comment se produisit cette lente métamorphose et, après avoir assisté à ce grand spectacle sociologique, on se demande nécessairement, si le mouvement est terminé, si, dans de futures sociétés, plus intelligentes, meilleures et en même temps mieux outillées que les nôtres, le salariat lui-même, cette survivance atténuée de l'esclavage primitif, ne doit pas disparaître à son tour. Cette vision encore utopique sert de conclusion à ce livre; elle en a même consolé l'auteur, en dissipant l'impression pénible, que lui avait causée le travail nécessaire pour réunir et classer tous les faits horribles ou iniques qui forment la trame de son œuvre. En effet la triste évocation de l'histoire du travail, depuis les débuts des sociétés jusqu'à nos jours, est moins décourageante, quand on considère tout cet ensemble de férocité, d'oppression, d'injustice sans scrupules, comme la phase inférieure d'une lente évolution progressive, comme le passage de la nuit au jour.

Cl!. Letourneaiî.

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