‹ L'évolution de l'esclavage dans les diverses races humainesChapitre 52 sur 147 · I. Les femmes · texte numérisé non relu

I. Les femmes

'ans le précédent chapitre, j'ai essayé de décrire Tétat tique et surtout l'état industriel des nombreux Etats larchiques, échelonnés depuis la vallée du Nigerjusqu'au ids lacs africains. Il nous faut maintenant fouiller

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au dessous de cette surface politique, voir quelles classes de la population supportent dans ces petits royaumes le faix du labeur social, en d'autres termes, nous enquérir de la manière dont sont traités les faibles. Mais nous avons déjà vu qu'en réalité, et si l'on veut bien regarder aux choses plus qu'aux mots, la femme a été, dans les sociétés brutales des premiers âges, asservie bien avant l'institution de l'esclavage. Je diviserai donc ce chapitre en deux parties, dont la première traitera des femmes ; la seconde, des esclaves.

Or, dans toute cette vaste zone tropicale, où la civilisation industrielle est cependant assez avancée, la situation sociale de la femme est celle d^une esclave domestique, qui est mi-partie concubine et bête de somme. Sur ce point les témoignages des voyageurs sont unanimes. Ecoutons d'abord l'un des plus anciens, Mungo Park : « Les Maures (de la Sénégambie), dit-il, font très peu de cas des qualités de Tesprit ; ^absence de ces qualités chez une femme n'est pas tenue par les hommes comme un défaut. La femme est, je crois, considérée comme une espèce d'animal inférieur ; il semble que les femmes soient simplement élevées pour vaquer aux plaisirs sensuels de leurs maîtres impérieux. La volupté est donc* regardée, comme leur principale perfection, et une soumission d'esclave, comme leur indispensable devoir... Les Maures ont une singulière idée de la perfection physique des femmes. La grâce de la figure ou de la démarche, l'expression de la physionomie ne sont nullement des points essentiels pour les hommes. Corpulence et beauté paraissent être synonymes. Une femme, mênie quand elle n'a pas de prétention à la beauté, doit être incapable de marcher sans une esclave à chaque bras pour la soutenir ; une beauté parfaite représente la charge d'un chameau >> (1).

(1) Mu Dgo Park. Eist. univ, voy.y vol. XXV, 176-177.

1)6 l'évolution de l'escuvage

Cette curieuse assertion de Muago-Park est conflrmée par tous les explorateurs. L'un d'eux nous dit, que les jeunes filles, afin d'être belles à la mode de leur pays, se gorgent littéralement de couscoussou et de lait de chameau. Jl faut absolument qu'elles deviennent empâtées et massives: c'est la perfection. Seuls, les jeunes garçons apprennent à Jire et à écrire l'arabe. Les filles ne reçoivent a ucune instruction. Les femmes doivent du respect à tous les homines, aussitôt qu'ils sont sortis de l'enfance. La mère même ne mange pas avec ses fils (1).

Etant donné le genre d'avantage indispensable à une femme pour être belle, le choix d'une épouse ou d'une esclave concubine devient extrêmonent facile : « Il m'arrive, lit-on dans la relation d'un voyage dans la vallée du Niger, d'être présenta un marché, où l'acheteur avait à choisir entre trois esclaves (féminines). Or lampleur de ce que les dames de nos pays appellent aussi « des avantages » est si absolument requise, que, sans prendre, pour ainsi dire, la peine de regarder leurs figures, il les fit aussitôt se retourner, les plaça en ligne, comme des soldats, puis, les examinant par derrière vers le haut des cuisses, il choisit celle qui avait cette partie du corps plus saillante que ses com- 4)agnes » (2). En résumé, dans ces régions, la détermination de la beauté féminine se réduit à une opération d'ingéjiieur, à un calcul de nivellement.

Dans ce cas particulier, il ne s'agissait que de femmes esclaves ; mais les femmes de condition libre sont achetées, comme les autres, et le nombre des épouses n'est limité que par le plus ou moins de ressources du mari acquéreur. A Sackatou, les hommes riches donnent en échange d'une femme d'autres femmes esclaves et enoutredescalebases .sculptées, montées et pleines de millet, de dourrah et de

(1) CicolTroy de Villeneuve. Hist, univ. v^oy., vol. XXII, 82.

(2) Dcnbain et Glapperton. Hist. univ. voy., vol. XXVII, 177.

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