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IV. Les effets de l'esclavage en Afrique

Néanmoins les effets moraux de l'esclavage en Afrique sont déplorables aussi bien sur les maîtres que sur les esclaves. Ceux-ci, toujours foulés aux pieds, ont perdu tout sens moral. Surpris en flagrant délit d'une scélératesse quelconque, ils répondent tranquillement : « Ne suis-je pas esclave ? » Dans leurs ménages servîtes, aucun d'eux n'a la faiblesse de croire un instant à la légitimité de ses enfants (2). Leur unique sentiment moral est un certain respect pour le maître qui les nourrit. A leurs yeux, il est plus mal de manquer à son maître que d'insulter sa femme, sa sœur ou sa mère (3) Les maîtres ont subi une dégénéralion morale correspondante ; toujours ils mentent, d'instinct et sans penser à mal (4). Dans l'Afrique orientale, au dire de Burton, la conscience est inconnue ; un crime accompli n'engendre pas de remords ; une tentative criminelle raanquée laisse seulement du regret (5).

Sur l'activité sociale, les résultats de l'esclavage ont été également des plus fâcheux. Les nègres ne veulent plus travailler ; ils rêvent d'acheter des esclaves, qui cultiveront et récolleront pour eux (6). Un Soriinkè faisait part au

(i) Burton. Loc, cit., 655-667.

'2j Ibid., 669-672.

f3; /6id.,170.

4) Wake. Evolution ofmorality. 1, 160.

(3) Burton. First foot stceps in east Africa, p. 176. (6) Burton. Voy. Grands lacs, 074.

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voyageur français, Soleillet, de ses projets d'avenir. D'abord il projetait d'aller à Saint-Louis, d'y travailler, d'y faire des économies suffisantes pour acheter ensuite dans rintérieur. trois ou quatre captifs. Après quoi, il retournerait dans son pays vivre en bon bourgeois (1). Le calcul manquait un peu de noblesse , mais, si l'on veut bien ne pas se laisser abuser par le changement des noms et des procédés employés, on pourra sans trop de peine trouver, dans les sociétés en apparence les plus civilisées, des spéculations de môme valeur morale et néanmoins tenues pour licites et fort honorables.

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