‹ L'évolution de l'esclavage dans les diverses races humainesChapitre 88 sur 147 · I. Les races de la primitive Egypte · texte numérisé non relu

I. Les races de la primitive Egypte

Dans le dernier chapitre, nous avons terminé Tétude de l'esclavage chez les races jaunes et plus généralement chez les races de couleur. Il nous faut maintenant porter notre

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enquête chez les races blanches, chez les races dites supérieures. Que cette primauté soit seulement relative, qu'elle porte plus sur les manifestations intellectuelles que sur les qualités du caractère, il est difficile de le contester ; mais enfin les races blanches tiennent actuellement la tête du mouvement en avant et, dans le passé, les civilisations les plus importantes, sauf celle de la Chine, ont été leur œuvre. Elles sont particulièrement les races historiques, quoique tenant toutes et nécessairement à la préhistoire ; nous possédons, par conséquent, sur leur compte, une abondance de renseignements, qui nous fait défaut, alors qu'il s'agit des races de couleur ; aussi vont-elles nous occuper désormaisjusqu'à la fin de ce livre.

Ce chapitre sera surtout consacré à la première grande civilisation, qui soit apparue à la surface du globe, à la civilisation égyptienne. Mais, au préalable, il est nécessaire de dire quelques mots des races qui ont créé l'Egypte. L'opinion, officiellement adoptée et basée seulement sur certaines analogies linguistiques, péniblement cherchées et trouvées, veut que la civilisation égyptienne ait eu une origine asiatique, même sémitique. Pourtant la fondation de l'Egypte est de beaucoup antérieure à celle des anciens empires sémitiques et les Sémites, les pasteurs, les Hyc^o», ont envahi l'empire des Pharaons, bien tardivement, alors que cet empire comptait déjà des milliers d'années d'existence. Quand la tradition biblique aura perdu toute autorité dans ces questions d'origine, on se ralliera sûrement à une opinion beaucoup plus rationnelle. Les fondateurs de TEgypte n étaient pas de race sémitique ; ils n'étaient pas davantage de race éthiopienne, puisque la civilisation égyptienne a remonté et non descendu la vallée du Nil ; on ne peut donc que les rattacher à la grande race berbère, dont l'homme de Cro-Magnon et les Guanches canariens sont les prototypes et qui, antérieurement à toute histoire, même à celle de l'Egypte, a occupé l'Afrique septentrionale, l'Eu-

rope méridionale et occidentale ainsi que les îles méditerranéennes. Cette race des Berbères primitifs, incontestablement blanche et dolichocéphale, intermédiaire aux Sémites et aux Aryens, a rencontré dans la vallée du Nil d'abord les Ethiopiens à peau noire et à cheveux bouclés, puis, bien phis tard, les envahisseurs sémitiques. Elle s'est mélangée avec iesuns et les autres et il en est résulté des races métisi^es, les Coptes, les Fellahs ; mais les classes dirigeantes de TEgypte, qui s'étaient mieux gardées des mésalliances, sont toujours restées plus blanches que les autres et les peintures égyptiennes des sarcophages, etc, les représentent ordinairement avec des traits et une couleur caucasiques : tandis qu'elles donnent aux laboureurs et aux artisans un nez plus ou moins épaté, des pommettes saillantes, des cheveux bouclés.

Dans notre enquête actuelle, comme dans les précédentes, nous avons donc à considérer tout d'abord les populations berbères anciennes et modernes, celles du moins sur lesquelles on peut avoir des renseignements sociologiques, savoir: les Guanches, les Touareg et les Kabyles.

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