‹ L'évolution de la foi CatholiqueChapitre 142 sur 164 · P. iio · texte numérisé non relu

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fourré l'Evêque de Meaux ^ Malheureusement « Claude a été le premier si étourdi qu'il ne sut jamais tenir ferme sur le point décisif qui consistait à demander à Bossuet comment on s'y prenait pour croire à l'Eglise. »

L'évéque se plaçait surtout au point de vue des enfants et des simples^. Il répondait — ce qui est vrai psychologiquement — qu^xamen n'est pas toujours synonyme de doute. Je puis, sans cesser un instant de croire à la réalité du monde extérieur, examiner comment l'on répond aux objections des sceptiques. Quant à la croyance antérieure à l'examen, Lefranc de Pompignan la justifie par la concordance providentiellement établie entre le fait extérieur de l'Eglise catholique et le fait intérieur du besoin de croyance par autorité. (C'est l'argument d'Augustin et de Bossuet^; nous avons déjà dit par où il pèche.) Comme l'enfant n'apporte

point de préjugés, il acquiesce « sans suspendre son jugement ;

dès que ces motifs sont entrés dans son esprit par la voie de l'attention, il n'a point à délibérer* », donc pas de « doute » ni d' « indétermination » et comme plus tard « les adultes qui ont sucé le lait de la bonne religion n'y trouvent en l'examinant plus à fond que de nouveaux motifs de la chérir et delà respecter^ », il s'ensuit que le croyant pourra contrôler les motifs de sa croyance sans passer par le doute.

Pratiquement, c'est ainsi que cela se passe souvent, en effet, lorsqu'il s'agit de ces hommes non cultivés : « rudes », « rustici », « idiotae », dont nous parlent toujours les théologiens ; incapables de comprendre ou de formuler une réelle objection, ils en

1. P. 1098. — Cf. aussi dans la coll. de théol. de Mig-ne, t. VI, le traité de Flde de Kilber, théolog. du xviii^ siècle ; il est très préoccupé de ne pas tomber dans le cercle vicieux. D'après lui, la foi s'appuie sur « l'autorité humaine » de l'Eglise considérée d'abord comme société purement humaine, nous exposant ses titres à notre soumission.

2. Cf. Brugère, à la fin du Traité de E cclesia ÇPar'iSj Jouby); la question de la foi des simples y est bien traitée.

3. Cf. ci-dessus, chap. v, § 3. — Bossuet, 6^ Réjlex. sur un écrit de M. Claude.

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