‹ L'évolution de la foi CatholiqueChapitre 159 sur 164 · L'IRRÉLIGION DE L'AVENIR · texte numérisé non relu

L'IRRÉLIGION DE L'AVENIR

« Nous rejetons, dit Guyau, la religion de l'avenir comme nous rejetterions Valchimie de l'avenir ou Vastrologie de l'avenir. Mais il ne s'ensuit pas que l irréligion ou Va-religion — qui est simplement la négation de tout dogme, de toute autorité traditionnelle et surnaturelle, de toute révélation, de tout miracle, de tout mythe, de tout rite érigé en devoir — soit synonyme d'impiété, de mépris à l'égard du fond métaphysique et moral des antiques croyances. Nullement; être irréligieux ou a-religieux n'est pas être anti-religieux. Bien plus, l'irréligion de l'avenir pourra garder du sentiment religieux ce qu'il y avait en lui de plus pur : d'une part, l'admiration du Cosmos et des puissances infinies qui y sont déployées, d'autre part, la recherche d'un idéal non seulement individuel, mais social et même cosmique, qui dépasse la réalité actuelle. Gomme on peut soutenir cette thèse que la chimie moderne est la véritable alchimie, — une alchimie reprise de plus haut, avant les déviations qui ont causé son avortement — comme on peut faire, avec l'un de nos grands chimistes contemporains, l'éloge convaincu des alchimistes anciens et de leurs merveilleuses intuitions, de même on peut affirmer que la vraie « religion », si on préfère garder ce mot, consiste à ne plus avoir

de religion étroite et superstitieuse L'irréligion, telle que

nous l'entendons, peut être considérée comme un degré supérieur de la religion et de la civilisation même. »

(^L'irréligion de l'avenir, Introduction, p. xiv et xv.)

Il est bien curieux de lire, dans la troisième partie de l'ouvrage, les hypothèses de l'auteur relativement aux libres formes religieuses de l'avenir.

Page 1