Cf. la conclusion de l'article i
bilitê)y ou il y a adhésion à l'une des alternatives sans aucune crainte du contraire, il y a adhésion ferme, et c'est la croyance. Celui qui « croit » difFère donc de celui qui « doute », de celui qui « soupçonne », de celui qui (c opine », en ce qu'il a une pensée complète et donne une adhésion ferme, puisque son intelligence est « déterminée h une seule » des alternatives ; il difFère de celui qui « sait » en ce qu'il ne çoit pas, mais prend parti entre les alternatives, en ce qu'il procède non « par çision », mais « par assentiment^ », assentiment, comme nous le verrons plus loin, commandé à l'intelligence par la volonté.
2*^ Motifs de crédibilité et motif de la foi. — Cette absence de la « vision » est essentielle à la foi ^ ; mais il ne s'agit, comme nous le verrons, que des vérités mêmes enseignées par la foi et non des faits, des considérations qui contribuent à nous faire croire : « L'homme ne croirait pas s'il ne voyait pas qu'il doit croire, et cela soit à cause de l'évidence des miracles, soit pour un autre motif analogue ^. » Et encore : « La foi n'admet point une recherche de la raison naturelle ayant pour but de démontrer les vérités que l'on croit ; mais une recherche des motifs par lesquels l'homme est induit à croire, à savoir que ces vérités ont été dites par Dieu et confirmées par des miracles'^. »
Cette croyance en Dieu, cette constatation des miracles ou autres faits qui nous attestent que Dieu nous a parlé et nous a enseigné ces vérités, constituent les motifs de crédibilité, que saint Thomas appelle aussi les « préambules » de
1. Saint Thomas rattache cette analyse à la parole de saint Aug^ustin : croire, c'est « cogitare cum assensu ».