LA FOI CHEZ LES THÉOLOGIENS SCOLASTIQUES
la foi^ Ces croyances rationnelles et ces faits extérieurs conduisent l'homme à reconnaître que ces vérités sont « croyables », « doivent être crues » (« credibilia » ; « credenda », nuances de sens sur lesquelles saint J'homas n'insiste point, mais que nous verrons étudiées par les théologiens qui l'ont suivi). Mais s'il croit, ces motifs de crédibilité ne sont que la condition sine qua non de sa foi ; le vrai motif de la foi, son « objet formeP », comme dit saint Thomas, c'est la souveraine Vérité qui ne peut se tromper ni nous tromper. De telle sorte que croire c'est « s'appuyer » sur l'éternelle Vérité, (( s'y unir, s'y fixer, y adhérer ». Toutes les vérités que l'on croit ont rapport à Dieu^; c'est toujours, sous quelque rapport. Dieu que l'on croit (« objet matériel » de la foi), comme c'est <2 Dieu que l'on croit (« objet formel ») ete/^ Dieu que l'on croit*, la volonté tendant vers lui corn me vers la fin suprême. C'est précisément parce qu'elle a directement Dieu pour objet, pour motif, que la foi est dite une vertu (( théologique ^ »; nous n'insisterions pas sur ce terme s'il ne cachait sous des dehors abstraits le passage de la théorie à la vie, de la formule abstraite au rapport {>ivant entre l'ame et son Dieu. Et nous ne nous étonnerons plus d'entendre le grand Docteur définir la foi un pouvoir que Dieu donne à l'esprit d'affirmer l'invisible et « par lequel commence en nous la vie éternelle^ ».
3^ Rôle de la {>olonté dans la foi. — Nous venons de voir
1. la, q. II, a. II, ad I ; II», 11»^, q. I, a. V, ad 3 • q. II, a X, ad 2.
2. 11% Ilae^ q. I^ a. I; a. III; q. IV, a. VI; a. VIII, corp. et ad. 2 et ad 3 ; q. V, a. I, corp.