LE SENTIMENT RELIGIEUX SOUS FORME DE THÉOLOGIE Q
ensemble bien autrement considérable où l'Humanité n'est elle-même que comme une feuille, un rameau sur un arbre ; dépendance non seulement à l'égard de l'ordre cosmique, mais d'un ordre moral ayant à la fois un aspect utilitaire, social et un aspect esthétique, idéal ; dans les formes supérieures, éveil d'une émotion plus profonde que l'on appelle sens de l'absolu, de l'infini, du parfait, et dont les positivistes eux-mêmes. Comte, Littré, Taine, H. Spencer^ ont tous fini par reconnaître la réalité; tout cela, combiné en des doses très diverses, est d'ordre émotionnel.
Voyons maintenant comment, étant donnée notre nature, ces émotions ne peuvent faire autrement que de se transformer en théologie.
Cela se produit d'après cette loi psychologique : tout sentiment tend à s'expliquer et à s' exprimer .
i*^ A s expliquer^ parce que l'homme est intelligence en même temps que sensibilité ; son émotivité tendra donc nécessairement à revêtir la forme de l'intellectualité ; l'homme veut comprendre ce qu'il a d'abord senti.
2*^ A s'exprimer, parce que l'homme est un être social ; il ne peut garder pour lui une émotion, il faut qu'il la dise, qu'il la crie — or, la meilleure manière de l'exprimer, c'est encore de la raconter, de la justifier, de l'expliquer, et nous voilà ramenés au i^ : l'homme veut comprendre et faire comprendre son sentiment.
Or, qu'est-ce que comprendre ?
Comprendre, c'est pouvoir ramener l'inconnu au connu, c'est pouvoir caser un être, une chose, dans une connaissance précédemment acquise. Exemple : soit un lion; je le