‹ L'évolution de la foi CatholiqueChapitre 8 sur 164 · I. Voir Note / à la fin du volume · texte numérisé non relu

I. Voir Note / à la fin du volume

range dans la catégorie des carnassiers, des vertébrés, des animaux ; j'ai compris. J'arriverais ainsi à l'idée d'être que je ne puis loger dans aucune autre idée; je dis alors que c'est incompréhensible, mystérieux. Mais mon esprit s'arrête-t-il alors ? Non; il trompe, il leurre son besoin de comprendre, en se servant, non plus d'idées générales logiquement construites, et qui ont une valeur expérimentale, mais de comparaisons, de métaphores, de mythes qui n'ont plus qu'une valeur esthétique ou symbolique. Exemples : je ne comprends pas ce que c'est que la matière ; je leurre mon besoin de comprendre en imaginant cette matière composée d'éléments, soit à l'image des corps qui m'entourent (atomes), soit à l'image de mon esprit (monades, forces simples).

C'est toujours ramener l'inconnu au connu, ce qui me donne l'illusion d'avoir compris ; seulement, au lieu de se fonder sur des identités y on se fonde sur des ressemblances plus éloignées, sur des analogies. L'analogie peut d'ailleurs être très éloignée, par exemple : pour donner à un aveuglené une idée de ce qu'est l'écarlate, je lui dirai que c'est une sensation analogue au son du clairon.

Donc, deux manières de comprendre : i° en employant des images, comparaisons, analogies, mythes ; 2° en se servant des idées générales ayant une valeur expérimentale, scientifique \

Appliquons cette loi psychologique aux émotions religieuses.

I. Les métaphysiciens objecteront qu'il n'y a jamais cVidentUés réelles et que nos idées générales ne sont elles-mêmes que des mythes. C'est vrai théoriquement. Mais, en pratique, il y a des analogies assez profondes pour que, contrôlées par la science, elles puissent servir pratiquement aux classifications, définitions, etc.

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