L'ÉTAT PRÉSENT DE L'AGRICULTURE CAPITALISTE
I. Les statistiques. — Leur insuffisance. — Variations du territoire agricole.
II. L'accroiss3ment des productions. — L'augmentation des rendements. — Comparaisons avec l'étranger.
III. Le développement de l'outillage. — Les machines; augmentation en nombre; perfectionnements; leur véritable rôle; difficultés de leur emploi. — La consommation croissante des engrais. — Le développement restreint des irrigations. — L'insuffisance des moyens de transport.
IV. Les spécialisations. — Progrès de l'élevage ; réduction des cultures pauvres; succès des cultures de fruits, de fleurs et de primeurs.
Nous venons de voir dans ([uelle direction Tagricullure française a évolué. Elle a quille le régime patriarcal de l'économie domestique, isolée, repliée sur elle-môme. Elle va prendre sa place dans un système économique plus complexe, où chaque producteur a une tâche spécialisée, se lie aux autres par réchange, où le mieux outillé, le mieux pourvu de capitaux est le plus Tort. Il ne nous suffit pas d'avoir marqué les tendances de révolution à laquelle nous assistons. Nous avons noté les causes de ce mouvement, mesuré les forces qui assui-ent sa continuité. Mais nous voulons savoir quel point a été atteint, quelles seront les prochaines étapes.
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L'intérêt de cette recherche au point de vue de Téconomie sociale est évident. Nous devons nous demander si nous n'avons pas généralisé des exceptions, si nous n'avons pas pris des promesses pour des réalités. Nous verrons que les observations générales, rassemblées dans le précédent chapitre, servent de fondement à la thèse récente des socialistes, telle qu'elle a été constituée depuis une dizaine d'années parleurs théoriciens, Kautsky, Vandervelde, Galtiet d'autres. Du fait que l'agriculture se modèle sur l'industrie, quelle est dominée par elle, les socialistes concluent que les théories marxistes, supposées exactes pour Tindustrie, s'appliquent avec la même exactitude au milieu économique agricole. Il est donc nécessaire do mesurer à quel point l'agriculture est industrialisée, quelle est la vitesse des forces qui l'entraînent, l'éloignent du type ancien, pour lui donner une forme moderne. Ce n'est pas toutefois la préoccupation de discuter avec les socialistes, de recueillir des arguments pour ou contre leur thèse qui dirigera nos recherches. Les faits valent par eux-mêmes.
Nous avons déjà eu soin à plusieurs reprises d'atténuer des traits qui eussent été faux, s'ils avaient été trop appuyés. Cependant le caractère même de notre premier exposé, résumé, trop rapide, nous a poussé à tracer un dessin trop schématique. Son but qui était de montrer les changements survenus dans l'économie rurale et notamment les transformations de l'instrument technique nous obligeait à noter tout ce qu'il y a de nouveau dans la pratique agricole. Mais ce n'est pas tout, en économie sociale comme en mécanique, que de constater la direction d'une force; il faut évaluer son intensité. Nous avons dit que la