DIFFERENCES DE
1. Nous n'avons pas tenu coiiiplc, pour révalualion des landes de terres incultes en 1882, de la correction indiquée i)ar la statistique de 1892. 11 laul relever ce chiffre et diminuer d'aulant le
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loin. Nous Tavons établi en remaniant les tableaux des statistiques de 1882 et de 1892 pour permettre la comparaison avec celui de la dernière statistique actuellement publiée, qui est celle de 1909, car on ne travaille pas très vite au ministère de TAgriculture et à Tlmprimerie nationale.
L'énorme diminution en 1909 de la catégorie <( landes et terres incultes » s'explique évidemment par Taugmentation de la catégorie « herbages et pâturages ». Si nous réunissons à chaque époque ces deux catégories, nous voyons que la part des landes et pâturages, bien loin de diminuer, s'accroît sensiblement. On comptait, en 1882, 7 933 653 hectares; en 1892, 8 036 797; en 1909, 9 048 070. Si ces chiffres étaient exacts — on a, il est vrai, tous les droits d'en douter — ce serait la preuve qu'une partie du territoire autrefois cultivé est aujourd'hui abandonnée, laissée en friche ou tout au plus utilisée pour l'industrie pastorale. Ce serait le signe que les populations rurales ne se disputent plus la terre avec cette ardeur qui faisait dire à Arthur Young : u Donnez à un individu la possession assurée d'un rocher aride, et il la transformera en jardin ». Les rochers, aujourd'hui, les paysans les abandonnent aux touristes. Nous ne pouvons pas en être surpris; nous en savons bien la raison. Le défrichement des terres incultes suppose une surabondance de population. Ce n'est pas le mal dont souffre notre temps.
Mais conclurons-nous de cette première enquête
suivant dans la môme colonne, 30 000 hectares de superficie non cultivée (pâtis, terrains de montagne) ayant été compris dans le territoire non agricole des Hautes-Alpes, alors qu'ils auraient dû être comptés dans le territoire agricole inculte.
L AGGROISSEMEiNT DES PRODUCTIONS 49
que notre agriculture décline? Celte conclusion ne s'impose pas. Si le territoire cultivé se resserre — dans une proportion qui n'est pas exactement déter^ minée, qui est sans doute sensible sans être très considérable, — c'est que les techniques nouvelles permettent d'obtenir sur des surfaces moindres des productions égales ou supérieures à celles qu'on en retirait autrefois.