‹ L'évolution de la matièreChapitre 101 sur 132 · Exposées dans dej£ volume ï'Écoiation des forces · texte numérisé non relu

Exposées dans dej£ volume ï'Écoiation des forces

vers les fentes de boîtes qui semblent hermétiquement closes et le seraient en effet pour de la lumière.

La transparence apparente peut être encore la conséquence de ce qu'une face d'un corps étant frappée par une radiation il se produit, par une sorte d'induction, une radiation identique sur la

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Mécanisme de la décharge d'un électroscope par les effluves qui se dégagent des métaux frappés par la lumière. — La lame méiallique, placée sur un support isolant, est reliée à un électroscope non chargé par un lil conducteur et mise au-dessus d'un électroscope chargé. L'appareil étant exposé à la lumière, les effluves qui se dégagent rendent l'air conducteur. 11 en résulte que l'électroscope chargé se décharge en même temps que l'autre se charge. Les choses se passent comme si les deux électroscopes étaient reliés par un fil.

partie de l'autre face correspondant au point frappé. J.-J. Thomson a soutenu qu'il en était précisément ainsi pour les rayons cathodiques etVillarda cru pendant longtemps qu'il en était de même pour les métaux sur lesquels agissent les radiations de radium. L'impression photographique à travers un métal serait la simple conséquence d'une émission secondaire sur la face postérieure de la lame frappée et en face du point frappé.

On a une image grossière de ce qui se passe dans ces divers cas en prenant pour exemple la propagation du son. Si on enferme un individu dans une enceinte métallique parfaitement close, il entendra très bien les instruments de musique joués au dehors de l'enceinte. Les vibrations de l'air produisant le son semblent donc traverser le métal. On sait cependant qu'il n'en est rien et que l'air frappant les parois métalliques se borne à les faire vibrer. Les vibrations d'une des faces du métal se propagent à l'autre face qui met à son tour en vibration l'air avec lequel elle est en contact. Les vibrations semblent ainsi avoir traversé le métal qui est cependant absolument opaque pour l'air.

Un raisonnement analogue peut être d'ailleurs appliqué à toutes les formes de la transparence des corps. On pourrait même y faire entrer le cas de la transparence pour la lumière, si cette hypothèse arrivait à se concilier facilement avec le phénomène de l'aberration.

Quoi qu'il en soit, la solution complète du problème de la transparence est difficile et le fait seul que d'éminents physiciens n'ont pu se mettre d'accord sur la transparence des corps pour les rayons cathodiques et pour les émanations des corps radioactifs, montre suffisamment la difficulté de la question. Tout ce que nous pouvons dire d'un corps supposé trar«parent, c'est que les choses se passent exactement comme s'il était transparent.

Dans le cas des effluves de matière dissociée par la lumière, le problème est encore compliqué par l'extrême diffuslcn de ces effluves, qui leur permet de contourner tous les obstacles, comme nous l'avons vu. Si on se bornait à interposer une lame métallique entre les effluves et l'électroscope, on serait conduit à des résultats très erronés. Il faudrait lui donner des dimensions excessives, ce qui serait peu pratique.

Pour constater la transparence — ou, si l'on préfère, l'équivalent de la transparence — il est nécessaire que le corps sur lequel on veut agir soit entouré d'une enceinte close de tous côtés. C'est ce que nous avons obtenu avec notre électroscope condensateur différentiel grâce auquel il a été possible d'étudier la transparence des corps pour les effluves émis par la lumière, par les corps radio-actifs, par les gaz des flammes, par les réactions chimiques, etc. Son emploi nous a permis de constater vine transparence apparente, mais en étudiant davantage le phénomène j'ai été conduit à reconnaître, comme on le verra plus loin, que tous les corps contiennent une émanation analogue à celle . que les substances spontanément radio-actives renferment, et qui paraît être la cause des actions observées. Il semble cependant démontré que les métaux en lames très minces sont traversés par les effluves provenant de la dissociation de corps sous l'influence de la lumière. Ramsay est arrivé à la même contlusion après avoir répété mes expériences.

3o8 l'évolution de la matière

Élimination des causes d'erreur. Influence des ondes hertziennes accompagnant les étincelles électriques employées pour produire l'ultra-violet. — Toutes les expériences qui viennent d'iiire exposées sont d'une réalisation facile, quand on opère au soleil. Il n'y a que deux précautions à prendre. La première, est de nettoyer vigoureusement, toutes les dix minutes, avec de la toile d'émeri, le métal sur lequel on opère, nettoyage inutile quand on emploie l'ultra-viciet obtenu au moyen des étincelles électriques. La seconde consiste à. remplacer le bout i habituel de i éiectroscope, avec lequel la décharge est insighitiante, par un plateau métallique de cui\re do û"',10 environ de diamètre. Il est entièrement inutile de netto\er ce dernier.

L'importance d'une large surface réceptrice est capitale, et c'est justement parce que beaucoup d'observateurs ont négligé ce point essentiel qu'ils n'ocl pu répeter mes anciennes expériences.

Lorsqu'il s'agit de radiations très réfrangibles n'existant pas dans le soectre solaire, à nos altitudes, et qu'on ne peut produire qu'au moyen d'étincelles électriques, les expériences sont beaucoup plus délicates, et en oubliant certaines précautions, on s'expose à des causes d'erreur que je vais signaler.

La plus importante consiste dans l'action d'influences électriques capables de décharger l'électroscope. Sans doute, il sufiBt de cacher la lumière des étincelles avec du papier noir pour voir si toute décharge est arrêtée, ce qui n'est pas le cas quand des inlluences électriques interviennent. Mais quand on constate que ces dernières se produisent, il n est pas toujours aise de les supprimer. Le moyen habituellement employé pour les éliminer consiste à recouvrir le quartz fermant la boite oii éclatent les étincelles d'une fine toile métallique transparente, encastrée dans une grande lime de métal reliée a la terre, mais cela ne suffit pas toujoui-s. Essayant invariablement après chaque expérience si l'action sur l'électroscope cessait quand on cachait la lumière avec le papier noir, j'ai vu plusieurs fois se produire des décharges rapides ducs à des influences électriques. Comme elles n'agissaient pas également sur l'électricité positive ou négative dont était chargé l'électroscope, mais sur une seule, j'ai eu l'idée de m en débarrasser en reliant à la terre — sans rien changer au reste du dispo-sitif — une des armatures des bouteilles de Leyde, suivant le sens de la décharge observée. Ce moyen réussissait généralement.

Quelle est l'origine des influences électriques qui se forment »utour des étinceUes des électrodes, et dont les physiciens ont signalé plusieurs fois l'existence et les effits, mais sans jamais avoir essayé de déterminer leur nature? N'ayant pu trouver de renseignements à leur sujet, j'ai été amené à rechercher en quoi elles pouvaient consister.

Elles crnsistent simplement en ondes hertziennes, très petites Il était difficile de le prévoir, car on ne supposait pas que ces ondes puissent se produire par des décharges entre des pointée.

EXPERIENCES SLR LA DEMATERIALISATION C>00

Leur existence est prouvée, soit par rillumination à distance d'un tube de Geissler (ce qui oblige à opérer dans l'obscurité), soit de préférence par l'emploi d'un tube a limaille intercalé dans le circuit d'une sonnerie sensible et d'une pile. Cet appareil qu'on peut laisser en place, comme on le voit sur plusieurs de nos figures, révcle immédiatement à l'oreille, par le bruit de la sonnerie, la formation d'ondes hertziennes pouvant troubler les expériences*.

Si on veut se souvenir des recherches que j'ai faites avec Braniy sur l'énorme diffraction des ondes hertziennes, qui leur permet de contourner tous les obstacles, et sur le passage de ces ondes a travers les fentes les plus fines, on comprendra qu'il soit fort difficile, malgré toutes les précautions possibles, de se soustraire à leur influence lorsqu'elles se forment. Il faut donc les empocher de se former. Voici, d'après mes observations, quelquesunes des conditions dans lesquelles elles prennent naissance :

Les ondes hertziennes se manifestent quand la boîte qui contient les électrodes à étincelles n'est pas rigoureusement isolée de son support avec une couche de paraffine. Elles se manifestent encore quand les électrodes sont trop écartées, et surtout lorsque leurs /jointes sont émoussées, ce qui arrive quand elles ont fonctionné pendant quelque temps. Les ondes heitziennes qui se forment alors sont très petites et ne se propagent guère à plus de 50 à 60 centimètres, mais elles suffisent à troubler les expériences. Elles disparaissent dès qu'on a rendu avec la lime les extrémités des électrodes très pointues.

II existe d'autres causes de production d'ondes hertziennes dans ces expériences, mais leur énumération nous entraînerait trop loin. Avec le dispositif que j'ai indiqué et figuré sur mes dessins J'opérateur sera toujouis averti de leur présence.

Parmi les causes d'erreur que je dois signaler encore, il en est une que l'on n'a, à ma connaissance, mentionnée nulle part, et dont l'importance est considérable. Je veux parler de l'altération superficielle qu'éprouve une lame de quartz exposée pendant moins d'un quart d'heure devant les étincelles des électrodes. Elle se recouvre d'une couche à peu près invisible de particules de poussières qui la rendent opaque pour les rayor\s ultra-violets de longueur d'onde inférieure à 0;j..250. Quand on se sert de quartz ainsi altéré, c'est comme si on faisait usage d'une lame de verre mince, opaque, on le sait, pour l'extrême ultra-violet, et tous les résultats observés se trouveraient faussés. Cette cause d'erreur, qui m'a fait perdre beaucoup de temps, est très facile h éviter, puisqu'il

1. Les ondes hertziennes peuvent non seulernenl décharger un électroscope, chargé positivement ou négativement, mais encore le charger ensuite, tantôt positivement, tantôt négativement, à condition de ne pas s'éloigner de plus de 1 mètre environ de la source des ondes. On le constate en plaçant l'électrov cope à 1 mètre d'un radiateur à boules dont on cache la lumière des élincellts ^ivec une grande feuille de papier noir.

suffit d'essuyer, toutes les dix minutes ou tous les quarts d heure, le quartz avec un linge très fin.

Toutes les causes d'erreur qu'on vient d'énumérer peuvent influer également sur la déperdition dite négative que je vais étudier bientôt.

Interprétation des expériences précédentes. — Ayant déjà interprété les expériences exposées dans ce chapitre, nous nous bornerons à rappeler que tous les produits de la dissociation des corps par la lumière sont identiques à ceux obtenus avec les substances radio-actives. Même déviation des particules par un champ magnétique, même rapport ejm de la masse à la charge électrique, etc.

Mais comment expliquer cette action dissociante d'une faible radiation lumineuse sur un métal rigide? La raison de ce phénomène n'est pas facile à déterminer. Je me bornerai à reproduire celle donnée par M. le professeur de Heen, dans son mémoire : les phênomùnes dits cathodiques et radio-actifs :

« Lorsqu'un rayon lumineux tombe à la surface d'un miroir métallique, les ions vibrent à l'unisson d'uno partie ou de la totalité des radiations qui la frappent. Donc, pendant l'action de cette radiation, une pellicule superficielle, d'épaisseur infinitésimale, vibre à la fréquence d'oscillation de certaines oscillations de la source elle-même. Pour le cas des radiations lumineuses et ultraviolettes, cette surface correspond réellement à une température excessive qu'on ne peut reconnaître par le toucher, parce que, son épaisseur étant très petite, la quantité de chaleur renfermée dans cette pellicule est entièrement négligeable.

« Or, s'il en est ainsi, la surface métallique, soumise à une radiation lumineuse et plus particulièrement ultra-violette, sera parcourue en tous sens par des courants que nous désignerons sous le nom de courant à excessive fréquence.

« Les ions seront soumis à des actions répulsives telles qu'ils sauteront. Dès lors, l'espace ambiant sera soumis à des projections ou radiations ioniques, comparables à celles que l'on détermine dans les tubes à vide.

« Telle est l'interprétation du fait fondamental, découvert pour la première fois par Gustave Le Bon et qui se trouve à la base de ce chapitre nouveau de la physique. Ce piiysicien avait, dés lors, admis que cette manifestation appartenait à un ordre de phénomènes naturels tout à fait général. Ce fut cette pensée, bien plus que l'admirable expérience de Rœntgen, qui me décida à embrasser l'étude des phénomènes électriques. »

Suivant le professeur Browilawsky , « tous les corps semblent absorber une partie de l'énergie des ondes dirigées sur eux, et bien que cette quantité d'énergie absorbée soit très variable d'un corps à l'autre et d'une longueur d'onde à l'autre, la conductibilité doit être toujours influencée par cette absorption.

« La variation de la conductibilité est en rapport direct avec l'énergie absorbée par le corps. »

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