Numéros de janvier à avril
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« Depuis six ans, Gustave Le Bon poursuit ses reclierches sur certaines radiations qu'il appela d'abord Lumière nuire. Il scandalisa les physiciens orthodoxes par son audacieuse assertion qu'il existe quelque chose qui avait été entièrement ignoré. Cependant ses expériences décidèrent d'autres expérimentateurs à vérifier ses assertions et beaucoup de faits imprévus ont été découverts. Rutherford en Amérique, Nodon en France, de Heen en Belgique, Lenard en Autriche, Elster et Geitel en Suisse, sont entrés avec succès dans le sillage de Gustave Le Bon. Résumant aujourd'hui les expériences laites par lui lepuis six ans, Gustave Le Bon montre qu'il a découvert une force nouvelle de la nature se mmil'estant dans tous les corps. Ses expériences jettent une vive lumière sur des sujets aussi mystérieux que les rayons X, la radio-activité, la dispersion électrique, l'action de la lumière ultra-violette, etc. Les livres classiques sont muets sur toutes ces choses et les plus éminents électriciens ne savent comment expliquer tous ces phénomènes »
Le second des articles auxquels je viens de faire allusion est celui publié par M. Legge, dans la revue The Academij du b décembre 1902 sous ce titre : A New fcrm of Energy :
« Rien n'est plus remarquable que la révolution profonde effectuée depuis dix ans dans les idées des savants en ce qui concerne la force et la matière... La théorie atomique d'après laquelle chaque portion de matière se composait d'atomes indivisibles ne pouvant se combiner qu'en proportions définies, était un article de foi scientifique. Il conduisait à des déclarations comme celle d'un des derniers présidents de la Chemical Society, qu; assurait à ses auditeurs, dans une allocution annuelle, que l'âge des découvertes en chimie était clos, et que, par conséquent, il fallait se consacrer exclusivement à une sérieuse classification des phénomènes chimiques connus. Mais cette prédiction était à peine formulée que sa fausseté devenait évidente. Crookes découvrait la matière radiante. Rœntgen révélait les rayons qui portent son nom, et maintenant Gustave Le Bon, dans une série de mémoires, va plus loin encore. Il nous montre qud ces nouvelles idées ne sont pas plusieurs choses, mais une seuls .nose, que les phénomènes observés sont la conséquence de If production d'une forme de matière toute spéciale ressemblant plus à la force qu'à la matière... Les conséquences des recherclies de Gustave Le Bon seraient en réalité immenses. Tout l'édifice chimique serait démoli en bloc et on pourrait écrire un système entièrement nouveau dans lequel on verrait la matière passer à travers la matière et les éléments constituer des formes diverses de la même substance. Mais ceci ne serait rien encore, comparé aux résultats qui suivraient l'établissement d'un pont dans l'espace entre le pondérable et l'impondérable que Gustave Le Bon
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nous annonce déjà comme un des résultats de ses découvertes et que sir William Crookes semblait avoir pressenti dans un de ses discours à la Royal Society. »
J'ajouterai à ces citations un passage des divers articles que M. de Heen, professeur de physique à l'Université de Liège, a bien voulu consacrer à mes recherches :
a On connaît le retentissement que produisit dans le monde la découverte des raj'ons X, découverte qui fut immédiatement suivie d'une autre plus modeste en apparence, aussi importante peut-être en réalité, celle de la lumière noire, résultat des recherches de Gustave Le Bon. Ce dernier prouva que les corps frappés par la lumière, les métaux notamment, acquièrent la faculté de produire des rayons analogues aux rayons X et reconnut bientôt qu'il ne s'agissait pas là d'un phénomène exceptionnel, mais au contraire d'un ordre de phénomènes aussi répandu dans la nature que les manifestations calorifiques, électriques ou lumineuses; thèse que nous avons toujours défendue également depuis cette époque. »
Mais tout ce qui précède est déjà de l'histoire ancienne. Les colères provoquées en France par mes premières recherches se sont presque évanouies. Le personnel des laboratoires, jadis si hostile, a fini par accueillir avec une sympathique curiosité les éditions successives de cet ouvrage. J'en ai trouvé la preuve dans de nombreux articles.
Dans une étude remarquable, parue en janvier 1906 dans la Revue scientifique , sous ce titre : Réflexions à propos de la théorie de V Évolution dr la matière, de Gustave Le Bon, M. Paul Painlevé membre de l'Académie des Sciences et professeui à rii:cole polytechnique, s'est exprimé de la façon suivante :
« L'ouvrage qui a le plus contribué à attirer l'attention du public français sur les problèmes philosophiques que soulève l'étude de la radio-activité est le volume que le D"" Gustave Le Bon a consacré à VEvolution de la Matière.
« ... En définitive, M. Gustave Le Bon me paraît avoir émis le premier l'hypothèse que, sous l'influence d'une excitation légère, ou même spontanément, <07is les corps matériels projettent hors d'euxmêmes quelque chose qui ressemble plus aux rayons cathodique
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qu'à la lumière ordinaire. Les expériences et les idées de Gustave Le Bon n'ont trouvé, d'ailleurs, pe;;d;ii)t plusieurs années, aucuu crédit parmi les pliysiciens, bien que certaines lussent déjà précises. Après la découverte du radium, u la suite de multiples expériences que rintensité des phénomènes observes permettait de renare saisissantes, alors que les savants hésitaient et hésitent encore entre les diverses explications possibles, Gustave Le Bon a adopté sans reserve l'iiypotliése d'après laquelle la radio-activité résulterait diuie désiniégration spontanée des atomes matériels et serait un phénomène absolument général. C'est cette idée, que dans son dernier volume, il a développée hardiment dans toutes ses conséquences, sans se soucier aes objections... Gustave Le Bon doit à cette audace de pensée et d'induction d'avoir été un précurseur dans un ordre de laiis qui joueront sûrement, quelle que soit leur interprétation doiinitive, un r61e considcraole dans toutes les théories de la matière. >
Voici maintenant quelques extraits de l'étude consacrée par M. le prolesseur Georges Bolin à mes recuercnes :
« Ce sera le titre de gloire de Gustave Le Bon de s'être attaqué le premier au dogme de i'indestructibilité de la matière et d'avoir détruit celui-ci dans l'espace de quelques années. En 1696 ii publiait une courte note qui marquera une des dates importantes ue l'histoire des sciences car elle a été le point de départ de la découverte do la dissociation de la inaiière.
«... Aux l'ormes déjà connues de l'énergie : chaleur, lumière, etc., il laul en ajouter une autre : l'encnjie iuLra-alo nuque. La réalité de cette l'orme d'éiiLi'gie que nous afait connaiire Gustave Lu Bonne s'appuie nullement sur la théorie mais elle se déduit du l'ait d'expériences; bien qu'ignorée jusqu'ici elle est la plus puissante des forces connues et même elle serait l'origine de la plupart des autres...
a Le début de son ouvrage sur 1 évolution de la matière produit sur le lecteur une impression prolonde. On y sent le souffle d'unij pensée géniale. On a comparé Gustave Le Bon à Darwin ; si l'on lient à faire une comparaison, j'aimerais mieux la l'aire avec Lamarck. Lamarck le premier a eu une idée nette de l'évolution des êtres vivants. Gustave Le Bon le premier a reconnu lu possibilité d'une évolution de la matière et la généralité de k radio-activité par laquelle se manifeste son évanouissement. » (D'' Georges Bohn, Revue des Idccs, 1905.)
Quand une théorie nouvelle apparaît, on l'applique toujours à l'iulerprétalion de choses anciennes mal expliquées. Je n'ai donc pu m'étonner qu'on ait lire de mes recherciius des e.\plications ou des appHca-
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tions auxquelles je ne songeais guère. Dans un savant mémoire ^ le professeur Pio a cherché, dit-il, « à donner une base mathématique aux expériences surprenantes de J.-J. Thomson et aux phénomènes presque inconcevables observés par Gustave Le Bon. »
Chacun a pris naturellement dans mes recherches ce qui semblait le mieux cadrer avec ses idées personnelles. Les spirites y ont vu la confirmation de leurs croyances et les matérialistes également. Les socialistes eux-mêmes ont cru y trouver la justification de leurs idées 2.
Mais ce sont les médecins qui ont trouvé le plus d'applications des expériences que j'ai exposées. Ils les ont appliquées surtout à l'interprétation de phénomènes inexpliqués, tels que le rôle actif d'eaux minérales ne contenant cependant que des traces impondérables de substances, des médicaments à très petites doses, etc. MM. les professeurs Huchard, Rénon et Garrigou notamment ont développé, dans leurs savantes leçons, ces applications de mes expériences.
Notre ouvrage a été traduit en plusieurs langues et notamment en anglais. Le lecteur se rendra compte de l'impression produite par quelques extraits des très longs articles que lui ont consacrés la plu- ' part des Revues britanniques :
« Le public anglais doit être fort reconnaissant à M. Legge d'avoir traduit un livre qui a créé une véritable révolution dans