‹ L'évolution de la matièreChapitre 21 sur 132 · TRANSFORMATION DE LA MATIERE EN ÉNERGIE · texte numérisé non relu

TRANSFORMATION DE LA MATIERE EN ÉNERGIE

tité immense dans un espace extrêmement faible. C'est pour une raison analogue qu'un gaz comprimé sous une pression très forte, dans un petit réservoir, peut donner un volume de gaz considérable si l'on vient à ouvrir le robinet qui l'empêchait de s'échapper.

Les conceptions qui précèdent étaient très neuves quand je les ai formulées pour la première fois. Par des voies diverses plusieurs physiciens y arrivent maintenant.

Ils n'y parviennent pas, d'ailleurs, sans des difficultés énormes, parce que quelques-unes de ces notions nouvelles sont fort difficilement conciliables avec certains principes tout à fait classiques. .Beaucoup de savants éprouvent autant de peine à les admettre qu'ils en éprouvèrent, il y a cinquante ans, à considérer comme exact le principe de la conservation de l'énergie. Rien n'est plus malaisé que de se débarrasser de l'héritage des idées qui dirigent inconsciemment nos pensées.

On peut se rendre compte de ces difficultés en lisant une communication faite par l'illustre physicien, lord Kelvin, à une séance de la, British Association, à propos de la chaleur émise spontanément par le radium pendant sa dissociation. Cette émission n'est pourtant pas plus surprenante que la projection continue de particules ayant une vitesse de l'ordre de celle de la lumière, qu'on peut obtenir non seulement avec le radium, mais avec un corps quelconque.

« Il est complètement impossible [utterly impos' sible), écrit lord Kelvin, que la chaleur produite puisse provenir de la provision d'énergie du radium. 11 me semble donc absolument certain que si l'émission de chaleur se continue au même taux, elle doit être fournie du dehors^. »

Et lord Kçlvin revient à la médiocre hypothèse formée d'abord sur l'origine de l'énergie des corps

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