Philosophical Magazine, février 1904, p
radio-actifs, attribuable croyait-on, à l'absorption de certaines forces mystérieuses du milieu ambiant. Cette supposition n'avait d'ailleurs que des idées théoriques pour soutien. Les principes fondamentaux de la thermodynamique, que lord Kelvin a tant contribué à fonder, nous disent, en effet, qu'un système matériel isolé de toute action extérieure ne peut engendrer spontanément de l'énergie. Mais l'expérience a toujours été supérieure aux principes, et, quand elle a parlé, les lois scientifiques, qui semblaient les plus stables, sont condamnées à rejoindre dans l'oubli les dogmes usés et les doctrines qui ne serv,ent plus.
D'autres physiciens plus hardis, comme Rutherford, après avoir admis le principe de l'énergie intra-atomique restent hésitants. Voici comment s'exprime ce dernier dans un travail postérieur à son livre sur la radio-activité.
« Il serait désirable de voir apparaître une sorte de théorie chimique pour expliquer les faits et pour savoir sil faut considérer que l'énergie est empruntée à l'atome lui-même ou à des sources extérieures * ».
Beaucoup de savants s'en tiennent donc encore, comme lord Kelvin, aux anciens principes; c'esi pourquoi les phénomènes de radio-activité, notamment l'émission spontanée de particules animées d'une grande vitesse et l'élévation de la température pendant la radio-activité, leur semblent totalement inexplicables et constituer une énigme scientifique, comme l'écrivait M. Mascart. L'énigme est bien simple pourtant avec l'explication que nous avons donnée.
On ne saurait espérer d'ailleurs que des théorie? aussi opposées aux dogmes classiques que celles de l'énergie intra-atomique et de la transformation de la matière en énergie puissent se répandre rapidement. Il est même contraire à l'évolution habituelle décidées scientifiques qu'elles se soient déjà répandue?.