‹ L'évolution de la matièreChapitre 34 sur 132 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Les formes diverses d'équilibre dans l'étiier.

il. — LE MONDE DE L'ÉTHER EST LE MONDE DES ÉaUlLIBRES TRÈS MOBILES.

Les phénomènes les plus importants de la nature : chaleur, lumière, électricité, etc., ont, comme nous venons de le voir, leur siège dans l'éther. Ils sont engendrés par certaines perturbations de ce fluide immatériel sorti de l'équilibre ou retournant à l'équilibre. Les forces de l'univers ne sont connues, en réalité, que par des perturbations d'équilibre. L'état d'équilibre constitue la limite au delà de laquelle nous ne pouvons plus les suivre.

La lumière n'est qu'une altération d'équilibre de l'éther caractérisée par les vibrations de ce dernier ; elle cesse d'exister dès que l'équilibre est rétabli. L'étincelle électrique de nos laboratoires aussi bien que la foudre sont de simples manifestations des changements du fluide électrique sorti de l'équilibre pour une cause quelconque et s'efîorçant d'y retourner. Tant que nous n'avons pas su tirer le fluide électrique de l'état de repos, sonexistence a été ignorée.

Toutes les modifications d'équilibre produites dans l'éther sont très instables et ne survivent pas à la cause qui les a fait naître. C'est là justement ce qui les différencie des équilibres matériels. Les formes diverses d'équilibre observées dans la matière sont,

au moins en apparence, assez stables, c'est-à-dire survivent à la cause qui les a engendrées. Le monde de i'éther est le monde des équilibres mobiles, alors que le monde de la matière est celui des équilibres capables d'une certaine fixité.

Dire qu'une chose n'est plus en équilibre, c'est constater qu'elle a subi certains déplacements. Les mouvements connus qui déterminent l'apparition des phénomènes ne sont pas très nombreux. Ce sont principalement des attractions, répulsions, rotations, projections, vibrations et tourbillons.

De ces mouvements divers, les mieux connus sont ceux que produisent les attractions et les répulsions. On a presque exclusivement recours à eux pour mesurer les phénomènes. La balance mesure l'attraction exercée par la terre sur les corps, le galvanomètre l'attraction exercée par un courant électrique sur un aimant, le thermomètre les attractions ou répulsions de molécules d'un liquide soumis à l'influence de la chaleur. Les équilibres osmotiques, qui tiennent sous leur dépendance la plupart des phénomènes de la vie, sont révélés par les attractions et répulsions des molécules au sein des liquides.

Les mouvements des diverses substances et les variétés d'équilibre qui en résultent jouent donc un rôle fondamental dans la production des phénomènes. Ils constituent leur essence et forment les seules réalités qui nous soient accessibles.

Jusqu'à ces dernières années on n'avait étudié que les mouvements vibratoires réguliers de Téther qui engendrent la lumière. On pouvait supposer cependant qu'un fluide au sein duquel on arrive à produire, comme dans un liquide, des vagues régulières, est susceptible d'autres mouvements. On admet maintenant qu'il peut être le siège de mouvements variés : projections, rotations, tourbillons, etc.

LES FORSIES DIVERSES d'ÉQUILIBRE DANS l'ÉTHER 99 § 2. — LES TOURBILLONS DE L'ÉTHER.

Parmi les formes de mouvements de l'éther nouvellement étudiés, les tourbillons semblent jouer, au moins au point de vue théorique, un rôle prépondérant. Larmor i et d'autres physiciens considèrent les électrons, éléments supposés du fluide électrique, comme des tourbillons ou gyrostats formés au sein de léther. Le professeur de Heen les compare à un fil rigide enroulé en hélice. Le sens de leur rotation déterminerait les attractions et répulsions. Sutherland cherche dans la direction des mouvements de ces gyrostats l'explication des phénomènes de conduction électriques et thermiques.

C'est l'analyse mathématique seule qui conduisit les physiciens à attribuer un rôle fondamental aux tourbillons dans l'éther, mais les expériences faites sur des fluides matériels donnent à ces hypothèses une base précise puisqu'elles permettent, comme nous allons le voir, de reproduire les attractions et répulsions observées dans les phénomènes électriques et de constituer avec les tourbillons de substances matérielles des formes géométriques.

Un tourbillon matériel peut être formé par un fluide quelconque, liquide ou gazeux, tournant autour d'un axe. Par le fait de sa rotation il décrit des spirales. L'étude de ces tourbillons a été l'objet de recherches importantes de la part de divers savants, Bjerkness notamment. Ils ont fait voir qu'on arrive à produire avec eux toutes les attractions et répulsions constatées en électricité, les déviations de l'aiguille aimantée par les courants, etc.

On obtient ces tourbillons par la rotation rapide d'un axe muni de palettes ou plus simplement d'une sphère. Autour de la sphère s'établissent des courants gazeux dyssimétriques par rapport au plan de l'équateur et il en résulte l'attraction ou la répulsion des

Page 1