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corps qu'on en approche, suivant la position qui leur est donnée. On a pu même obliger ces corps à tourner autour de la sphère sans la toucher comme les satellites d'une planète.
Ces tourbillons constituent une des formes le plus facilement prises par les particules matérielles puisqu'un simple souffle suffît à faire tourbillonner un fluide. Ils engendrent, ainsi d'ailleurs que tous les mouvements de rotation, des équilibres très stables, capables de lutter contre les effets de la pesanteur. La toupie en mouvement reste debout sur sa pointe. Il en est de même de la bicyclette qui tombe latéralement aussitôt qu'elle cesse de rouler. Les hélices à axe vertical dites hélicoptères employées dans certains procédés d'aviation s'élèvent dans l'atmosphère en s'y vissant dès qu'on les met en rotation et s'y maintiennent tout le temps que dure cette rotation. Ramenées au repos, elles ne peuvent plus lutter contre la pesanteur et tombent lourdement sur le sol. On conçoit donc aisément que ce soit dans les mouvements de rotation qu'ait été trouvée la meilleure explication des équilibres des atomes.
C'est par des tourbillonnements dans l'éther que plusieurs auteurs cherchent également à interpréter la gravitation. M. le professeur Armand Gautier a donné, dans un travail écrit à propos de mon mémoire sur l'énergie intra-atomique, une explication semblable. S'il était possible de la considérer comme définitive, elle aurait l'avantage d'expliquer de quelle façon l'impondérable peut sortir du pondérable :
« L'atome matériel animé de mouvements giratoires, dit-il, doit transmettre sa giration à l'éther qui l'environne et par lui aux autres corps matériels éloigné'^ qui baignent dans cet éther. Il s'ensuit que, la giration del-un se transmettant à l'autre, les corps matériels, en vertu de \par inertie même, tendent pour ainsi dire à se visser l'un sur l'autre par l'intermédiaire du tourbillonnement commun de léther où ils baignent ; en un mot, ces corps matériels doivent s'attirer. Il suffit d'admettre pour cela qu'il y ait comme une sorte de viscosité entre les particules de l'éther, ou plutôt une sorte d'entraînement de ces particules les unes par les autres.
LES FORMES DIVERSES d'ÉQUILIBBE DANS l'ÉTHER 101
t Mais si l'état giratoire des édifices atomîqnes paraît être ainsi la cause de leur attraction mutuelle, c'est-à-dire de la pesanteur, celle-ci devra disparaître en tout ou en partie si l'énergie de giration est totalement ou partiellement transformée en énergie de translation dans l'espace. Ne peut-il en être ainsi de l'électron, c'est-à-dire de l'atomuscule arraché à l'atome et lancé hors de l'édifice matériel avec la vitesse de la lumière atominale dans lequel la vitesse de giration a disparu transformée en vitesse de translation? Ces électrons ainsi empruntés à la matière, s'ils ne sont plus en état de giration sensible ou concordante, pourront donc perdre tout ou partie de leur poids en gardant leur masse, et tout en continuant à suivre la loi qui mesure l'énergie qu'ils transportent par le demi-produit de leur masse nar le carré de leur vitesse de translation 1. »
Les expériences faites sur les mouvements tourbillonnaires dans les fluides ne produisent pas seulement des attractions, des répulsions et des équilibres de toutes sortes. Ils peuvent être associés de façon à donner naissance à des formes géométriques régulières ainsi que l'a montré M. Benard^. Il a fait voir qu'un liquide en lame mince soumis à certaines perturbations (courants de convection voisins de la stabilité) se divisait en prismes verticaux à base polygonale qu'on parvient à rendre visibles par certains procédés optiques ou plus simplement en y mélangeant des poudres très fines. « Ce sont, dit l'auteur, les lieux géométriques des tourbillons nuls qui forment les parois planes des prismes hexagonaux et les axes verticaux de ces prismes. Les lignes de tourbillons sont des courbes fermées centrées sur l'axe de ces prismes. » Les métaux refroidis brusquement après avoir été fondus et étalés en lames minces se divisent souvent de la même façon et présentent à l'observation des cellules polygonales.
Ces expériences nous montrent que les molécules d'un liquide peuvent revêtir des formes géométriques sans que ce dernier cesse d'être liquide. Ces formes d'équilibre momentanées ne survivent pas à la cause
1 Revue scientifique, 13 janvier 1904. 9. Hevue des Sciencet, 1900.
qui les fait naître. Elles sont analogues- à celles que nous sommes arrivé à produire et à rendre visibles en combinant convenablement des éléments de matière dissociés, comme nous le verrons bientôt.
Les analogies entre les molécules des fluides matériels et celles des fluides immatériels sont nombreuses, mais elles ne conduisent jamais à des identités en raison de deux diflérences capitales entre les substances matérielles et les substances immatérielles. Les premières sont en effet soumises à l'action de la pesanteur et elles ont une masse considérable. Elles obéissent donc assez lentement aux changements de mouvement. Les secondes échappent à la pesanteur et possèdent une masse infime. La faiblesse de cette masse leur permet de prendre, sous l'influence de forces très faibles, des mouvements rapides et d'être par conséquent extrêmement mobiles. Si, malgré la petitesse ^e leur misse, les molécules immatérielles pearef t {fndrirt iti ((teU mécaniques très grands, adnsi qu'on l'observe parexempledans les tubes deCrookes, dont les miroirs rougissent sous l'influence du bombardement cathodique, c'est que la petitesse des masses est compensée parleur prodigieuse vitesse.
En étudiant le rôle considérable joué par les diverses formes d'équilibres dont est susceptible l'éther, on arrive à cette conception que la matière ne constitue qu'un état particulier d'équilibre de l'éther. Donc, lorsque nous essaierons en d'autres chapitres de découvrir les liens qui rattachent les choses matérielles aux choses immatérielles, nous devrons examiner surtout les formes variées d'équilibre que possède le monde intermédiaire dont nous admettons l'existence, et rechercher les analogies et les dissemblances que présentent ces équilibres avec ceux des deux mondes que nous nous proposons de réunir.