‹ L'évolution de la matièreChapitre 4 sur 132 · PRÉFACE DE LA DOUZIÈME ÉDITION · texte numérisé non relu

PRÉFACE DE LA DOUZIÈME ÉDITION

Le succès de cet ouvrage montre l'intérêt attaché aux découvertes scientifiques dès qu'elles semblent jeter un peu de lumière sur les problèmes philosophiques. L'homme moderne a perdu ses vieilles croyances et il demande maintenant à la science des doctrines nourelles pour orienter ses pensées.

Les systèmes de philosophie s'édifiaient jadis dans l'imagination des littérateurs et jamais dans les laboratoires des savants. Aujourd'hui les anciennes spéculations métaphysiques enfantées par nos rêves ont perdu tout prestige. Leur forme peut séduire encore, leurs arguments n'impressionnent plus les âmes.

Aucune civilisation n'ayant pu vivre sans un idéal, les doctrines qui périssent sont toujours remplacées. Si une nouvelle synthèse des phénomènes de l'univers parvient à s'édifier sur les débris de celles dont se contentaient nos pères, elle sortira sans doute des laboratoires. Dans ces temples de la science pure se dévoilent des secrets que les Dieux des vieux âges ne nous avaient pas dits.

Et c'est pourquoi la foi dans la puissance de la science est devenue notre dernière croyance. Il semble évident aujourd'hui que nous ne pouvons rien comjwendre, rien savoir, rien prévoir en dehors d'elle.

Sans doute celte divinité grandissante n'a révélé jusqu'ici que les rapports des choses et ne nous a

Page 1