PRODUITS DE LA DÉMATÉRIALISATION DE LA MATIÈRE
vitesse de chute, vitesse que la viscosité de l'air rend très lente.
Connaissant le nombre de gouttelettes et par conséquent de particules cathodiques contenues dans un volume donné de vapeur d'eau ; connaissant, d'autre part, la charge électrique de la totalité de ces particules, une simple division donne la charge électrique de chacune d'elles.
L'emploi de cette méthode a démontré que la charge électrique des particules cathodiques était une grandeur constante, quelle que fût leur origine (particules des corps radio-actifs, des métaux ordinaires frappés par la lumière, etc.). La charge électrique est représentée par environ 10^ unités électro-magn. La valeur ejm de l'ion d'hydrogène dans Télectrolyse des liquides étant seulement égale à 10^, il s'ensuit que la masse de l'ion négatif dans les corps dissociés est la millième partie de celle de l'atome d'hydrogène, le plus petit des atomes connus.
Les chiffres précédents ne s'appliquent qu'aux ions négatifs. Ce sont les seuls dont la grandeur soit constante pour tous les corps. Pour les ions positifs, qui contiennent la plus grande partie de l'atome non dissocié, leur charge varié naturellement suivant les corps. Leur dimension n'est jamais inférieure à celle de l'atome d'hydrogène.
Les rayons X. — Lorsque les rayons cathodiques, c'est-à-dire les électrons émis par un tube de Crookes ou par un corps radio-actif, rencontrent un obstacle, ils donnent naissance à des radiations spéciales nommées rayons X, quand elles proviennent de l'ampoule de Crookes, et rayons y quand elles sont émises par un corps radio-actif.
Ces radiations se propagent en ligne droite et peuvent traverser d'épais obstacles. Elles ne se réfléchissent pas, ne se réfractent pas et ne se polarisent pas, ce qui les différencie absolument de la lumière.
Elles ne sont pas déviées par un aimant, et se sé-
parent ainsi nettement des rayons cathodiques, dont le pouvoir de pénétration est, d'ailleurs, infiniment plus faible.
Les rayons X ou y possèdent la propriété de libérer dans les gaz qu'ils traversent des ions chargés d'électricité de signes contraires. Ils rendent, pour celte raison, l'air conducteur de l'électricité. Ils possèdent encore la propriété de déterminer la phosphorescence de diverses substances et d'impressionner les plaques photographiques.
Lorque les rayons X touchent un corps quelconque, ils provoquent la formation de rayons, dits secondaires, identiques aux rayons cathodiques, ce qui signifie simplement que les rayons X, dérivés de la dissociation de la matière, jouissent de la propriété de produire une nouvelle dissociation de la matière, quand ils viennent à la frapper.
C'est à peu près uniquement à la constatation de ces attributs que se borne ce que nous savons des rayons X, malgré les recherches de centaines de physiciens depuis leur découverte. Leur formation ne se rattachant à aucun phénomène connu, ils ne peuvent être assimilés à rien.
On a essayé cependant de les relier à la lumière ultra -violette, dont ils ne différeraient que par l'extrême petitesse de leur longueur d'onde. Cette hypothèse semble bien peu soutenable. Si nous laissons de côté l'absence de polarisation et de réfraction que justifierait la petitesse des ondes supposées, n'est-il pas frappant de voir que, plus on avance dans l'ultra-violet, et plus, par conséquent, on se rapproche de la longueur d'onde attribuée aux rayons X, moins les radiations deviennent pénétrantes. Dans l'ultime région du spectre, elles deviennent incapables de franchir les moindres obstacles. Pour l'extrême ultra-violet, aux environs de 0a,160 à Oa,100, 2 centimètres d'air sont opaques comme du plomb, une feuille de mica de 1 centième de millimètre d'épaisseur est également opaque. Or,
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les rayons X, supposés si voisins de cette région extrême de l'ultra-violet, traversent, au contraire, tous les obstacles, y compris d'épaisses lames métalliques. S'ils ne produisaient pas de la fluorescence et des actions photographiques, on n'eût certainement jamais songé à les rapprocher de la lumière ultraviolette.
L'impossibilité d'imprimer aux rayons X la déviation par un champ magnétique que subissent les rayons cathodiques les fait considérer comme n'ayant plus rien d'électrique ; mais cette conclusion pourrait être aisément contestée. Supposons, en effet, que les rayons X soient constitués d'atomes électriques plus raffinés encore que les électrons négatifs ordinaires et possédant une vitesse de propagation voisine de celle de la lumière. D'après les recherches que j'exposerai bientôt, des électrons doués d'une pareille vitesse auraient une masse infinie. Leur résistance au mouvement étant infinie, il est évident qu'ils ne pourraient pas être déviés par un champ magnétique, bien que formés d'éléments électriques.
Ce qui semble évident maintenant, c'est qu'il n'y a pas plus de raison de rattacher les rayons X à l'électricité qu'à la lumière. De telles assimilations sont filles de ces habitudes d'esprit qui nous conduisent à rapprocher les choses nouvelles des choses anciennement connues. Les rayons X représentent simplement une des manifestations de l'énergie intraatomique libérée par la dissociation de la matière. Ils constituent une forme d'énergie ayant ses caractères particuliers et qu'il ne faut définir que par ces caractères, sans chercher à la faire rentrer dans le cadre des choses antérieurement classées. L'univers est plein de forces ignorées qui, de même que les rayons X aujourd'hui, ou l'électricité il y a un siècle, ont été seulement découvertes, quand on a possédé des réactifs capables de les révéler. Si les corps phosphorescents et les plaques photographiques avaient été inconnus, l'existence des rayons X n'au-
rait pu être constatée. Les physiciens ont manié, pendant vingt-cinq ans, les tubes de Crookes d'où sortent avec abondance ces rayons sans le^ apercevoir.
S'il est probable que les rayons X ont leur siège dans l'éther, il semble certain qu'ils ne sont pas constitués par des vibrations analogues à celles de la lumière. Pour nous, ils représentent simplement une des dernières étapes de l'évanouissement de la matière avant son retour à l'éther.
Ayant suffisamment décrit, d'après les idées actuelles, la nature supposée des produits que donne la matière par sa désintégration, nous allons étudier maintenant les formes diverses de cette désintégration et montrer que nous retrouverons toujours les éléments qui viennent d'être énumérés.