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LES ÉQUILIBRES RÉSULTANT DU DÉPLACEMENT DU FLUIDE IONIQUE

Dans les expériences précédentes, nous avons réalisé avec des particules de matière dissociée des figures géométriques d'une stabilité momentanée et ne survivant guère à la cause qui les engendrait; mais il est possible de maintenir pour un temps assez long certaines formes du fluide électrique sur une

1. Dans un cas de foudre globulaire observé à Autun, cili dans les Comptes rendus de l'Académie de* Sciencei du 29 août 1904, M. Roche rapporte que le globe de feu, après avoir parcouru 500 mètres en arrachant iei portes et rasant trois gros corps de cheminée, a occasionné une très forte commotion sur la sous-préfecture surmontée d'un paratonnerre. Le narrateur en tire celte conclusion : € U semble donc que le paratonnerre soit sans action sur la foudre globulaire >. Ce dernier fait est à rapprocher de l'impossibilité constatée dans nos expériences de décharger un globule électrique en le touchant avec un corps métallique.

EQUILIBRES DE LA MATIERE DISSOCIEE

surface et de lui faire prendre la forme de figures géométriques planes à contours arrêtés.

En parlant des propriétés des gaz ionisés, nous avons qualifié de fluide ionique le fluide que les particules ionisées constituent par leur ensemble. Grâce à son inertie, il est aisé, en suivant la méthode découverte par M. le professeur de Heen, de le transformer en figures géométriques régulières possédant une certaine fixité. L'expérience est très simple. On prend un grand plateau carré de colophane de 30 à 40 centimètres de côté et on commence par l'électriser en promenant sa surface sur un des pôles d'une machine électrique en mouvement. On expose ensuite plusieurs secondes la face électrisée de ce plateau à quelque distance de deux sources d'ionisation, par exemple deux brûleurs de Bunsen, placés à 5 ou 6 centimètres l'un de l'autre.

Les ions partis de ces sources arrivent au contact du plateau, repoussent l'électricité, puis, quand ils sont en présence, s'arrêtent et forment une ligne droite (fîg. 16). On rend visible cette ligne invisible en saupoudrant le plateau de soufre en poudre avec un tamis. En secouant ensuite légèrement le plateau, il ne reste à sa surface que la ligne droite tracée par le fluide ionique.

Si, au lieu de deux brûleurs, on en dispose un certain nombre formant les sommets de figures géométriques, on obtient sur le plateau des images variées : triangles, hexagones, etc., aussi régulières que si

FiG. 16 à 19. — Photographies réduites de figures géométriques obtenues par le fluide ionique localisé sur des plateaux de colophane.

elles avaient été tracées avec une règle (fig. 17 à 19)*. Il est évident, qu'avec un gaz ordinaire, nous ne saurions rien produire de pareil, puisqu'en se diffusant dans l'atinosphère, il s'échapperait hors du plateau. Dans les diverses expériences précédemment énumérées, nous avons matérialisé, pour un instant, ce fluide si immatériel en apparence, composé de la réunion des éléments engendrés par la dissociation de la matière. Nous pouvons entrevoir maintenant comment, avec des équilibres plus compliqués et surtout avec les forces colossales dont elle dispose, la nature a pu créer ces éléments stables qui constituent les atomes matériels. En évoluant vers l'état de matière, l'éther a dû passer sans doute par des phases intermédiaires d'équilibre analogues à celles indiquées dans ce chapitre et aussi par des formes variées dont nous ignorons l'histoire.

1. M. le professeur Righi a récemmeal répété avec succès ces expériences \ mais il a louL à fait oublié d'indiquer qu'elles furent exécutée; pour la première] fois par M. de Heen.

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