CHAPITRE V
Les équilibres artificiels des éléments provenant de la démaiériaiisation delà matière.
§ 1. — EQUILIBRES PRODUITS PAR LES ATTRACTIONS ET RÉPULSIONS DES ÉLÉMENTS DE MATIÈRE DISSOCIÉE.
Nos recherches ont prouvé que les particules qui s'échappent d'une pointe électrisée en rapport avec un des pôles d'une machine électrique en mouvement sont composées d'ions et d'électrons ayant la même constitution que les particules de matière dissociée émises par les corps radioi?iG. é. actifs ou par un tube de Crookes.
^7u°»7/maHérrdis- ^Hes rendent également l'air consociée non soumise à ductcur de l'électrlcité et sont dé-
des attraction'i ou à . , , ,. .
rfe5 re/)!/2sion>- (Photo- viées par uu Champ magnétique.
Braphie instanUnée.) g- ^^^^ ^^^g VOUlOUS étu-
dier les équilibres dont sont susceptibles les éléments de matière dissociée, nous pouvons remplacer un corps radio-actif par une pointe élecj^g g irisée en rapport avec un des
Attractions de particules de ma- pÔlcS d'uue machiue électri-
tière dissociée chargées d'é- (-,,■■ p
lectricité positive et négative. 4"^' (Photographie instantanée.) Ces particulcS SOUt SOU-
mises aux lois des attractions et répulsions qui régissent tous les phénomènes électriques. En utili-
ÉQUILIBRES DE LA MATIÈRE DISSOCIÉE
Fio. 6.
Répulsion de particules de matière , dissociée émises par deux pointes et se jnouvant suivant la direction des lignes de force. (Photographie instantanée.'
sant ces lois nous parviendrons à obtenir à volonté les équilibres les plus variés.
De tels équilibres ne se maintiendront qu'un instant. Si nous arrivions à les fixer pour toujours, c'est-à-dire de façon à ce qu'ils puissent survivre à leur cause génératrice, nous réussirions à créer avec des particules immatérielles quelque chose qui ressemblerait singulièrement à de la matière.
La quantité énorme d'énergie condensée dans l'atome montre l'impossibilité de réaliser une telle expérience.
Mais s'il nous est impossible de réaliser avec des choses immatérielles des équilibres capables de survivre à la cause qui les a fait naître, nous pouvons au moins les maintenir un temps suffisant pour les photographier et créer ainsi une sorte de matérialisation momentanée.
En utilisant uniquement les lois dont nous parlions plus haut, nous avons réussi à grouper les particules de matière dissociée, de façon à donner à leur groupement toutes les formes possibles : lignes droite? ou courbes, prismes, cellules, etc., fixées ensuite par la photographie.
Dans les reproductions 8 à 11 nous voyons des
Fis. 7.
Répulsion de particules de matière dissociée émises par plusieurs pointes. (Photographie instantanée.)
figures droites et courbes produites par les répulsions exercées entre particules de matière dissociée ayant des charges électriques de même signe. Dès que ces particules sont suffisamment rapprochées, elles se
FiG. 8.
FiG. 9,
Fi«. 10. Fia. IL
Photographies obtenues en obligeant les particules de matière dissociée à se mouvoir et à se repousser suivant certaines directions.
repoussent et n'arrivent pas à se toucher, comme le montrent les lignes noires qui les séparent, et le raccourcissement considérable du rayonnement du côté où les particules sont en présence. En multipliant les
EQUILIBRES DE LA MATIERE DISSOCIEE
décharges, au moyen d'un système de fines aiguilles, on arrive aux formes régulières des figures 12 à 15. Lesformes polygonales, représentées dans quelquesunes de nos photographies, ne sont pas, bien entendu,
FiG. 12.
FiG. 13.
FiG. 14. •
Photographies obtenues en utilisant les répulsions des particules de matière dissociée. — Dans la figure 12, on voit comment se font les répulsions entre particules sorties de quatre pointes électrisées voisines. Dans les figures 13, 14 et 15, on a multiplié le nombre des pointes et on est arrivé finalement i créer dans l'espace des figures dont les photographies représentent les projections.
la reproduction d'images planes, mais bien de formes possédant trois dimensions, dont la photographie ne peut évidemment donner que la projection. Ce sont donc bien des figures dans Fespace , obtenues en maintenant momentanément, dans l'équilibre que
1d2 L EVOLUTION DE LA. MATIÈRE
nous leur imposions, des particules de matière dissociée*.
Les particules qui formèrent le modèle des images ici reproduites ne se composent pas uniquement d'électrons. D'après les idées actuelles, on doit les consiuérer comme constituées par des atomes électriques entourés d'un cortège de particules matérielles. Elles sont donc formées de ces ions que nous avons étudiés dans un précédent chapitre. Seul leur noyau est constitué par les atomes électriques que produit la dématérialisation de la matière.
§ 8 — FORMES SPHÉRIQUES QUE PEUVENT REVÊTIR LES ÉLÉMENTS DE MATIÈRE DISSOCIÉE.
Parmi les formes d'équilibre diverses que nous pouvons faire prendre aux particules de matière dissociée, il en est une, la forme globulaire, dont la théorie n'est pas établie encore, car les attractions et répulsions ne suffisent pas à l'expliquer. Il paraît vraisemblable que les atomes électriques doivent s'y trouver dans un état d'équilibre tourbillonnaire spécial. Cet équilibre, quoique encore momentané, est cependant beaucoup plus stable que dans les expériences précédentes.
L'électricité sous cette forme a été observée pendant plusieurs orages, mais assez rarement pour qu'on se soit cru fondé pendant longtemps à nier son existence. Elle se présente alors sous l'aspect de globes brillants, pouvant atteindre la grosseur d'une tète d'enfant. Ils circulent lentement et finissent par éclater bruyamment, comme un obus, en produisant de grands ravages. L'énergie qui y est enfermée est donc considérable, et j'invoque volontiers cet exemple pour faire comprendre ce que peut être de l'énergie
1. Od peut, en utilisant les répulsions et attractions électriqaes, annuler entièremeni l'aolion de la pesanteur. J'ai décrit dans mon livre l'Évolution des Forces, une expérience par laquelle j'ai réussi à immobiliser entièrement dans espace un corps solide soumis à ! influence d'un champ électrique.
EQUILIBRES DE LA MATIERE DISSOCIEE
condensée dans un état d'équilibre doué de stabilité^ au moins momentanée.
Nous ne pouvons espérer engendrer dans nos laboratoires des phénomènes d'une telle intensité, mais il nous est possible de les reproduire sur une moindre échelle.
On obtient de petites sphères lumineuses imitant la foudre globulaire par diverses méthodes. Celle de JVl. Leduc permet de les former avec une grande facilité. Il suffît de placer surune plaque photographique, à quelques centimètres l'une de l'autre, deux tiges très fines en relation chacune avec l'un des pôles d'une machine statique. 11 sort bientôt de la tige reliée au pôle négatif de petites sphères lumineuses de 1 millimètre environ de diamètre apparent qui se dirigent très lentement vers l'autre tige et s'évanouissent en la touchant.
Mais, avec cette façon d'opérer, on peut toujours supposer l'existence d'une forme particulière d'effluves /agissant entre les deux pôles. J'ai donc cherché à '^obtenir l'électricité en boule avec un seul pôle. Le procédé auquel je suis arrivé est très simple. Une tige métallique d'un demi-centimètre environ de diamètre, terminée par une aiguille, dont on appuie la pointe sur une plaque couverte de gélatino-bromure d'argent, est reliée au pôle négatif d'une machine de Wimshurst. L'autre pôle est mis à la terre. La machine étant en mouvement, on voit bientôt se détacher de la pointe de l'aiguille une ou plusieurs boules lumineuses qui cheminent lentement ei disparaissent brusquement après un parcours de quelques centimètres, en laissant sur la plaque la trace de leur trajet.
Si, au lieu d'employer une grosse tige terminée par une aiguille, on se servait d'une tige fine, on n'obtiendrait pas la formation de sphères lumineuses. Le phénomène semble se passer, — bien que probablement il se produise tout autrement, — comme si l'électricité de la grosse tige s'accumulait à la pointe de l'aiguille à la façon d'un'fe goutte de liquide.
Il est difficile de préciser le rôle du gélatino-bromure de la plaque photographique dans ces expériences. Sa présence facilite le résultat, mais est-elle indispensable? Quelques auteurs disent avoir obtenu l'électricité en boules avec de simples lames de verre ou de mica, mais je n'ai pas réussi à les produire de cette manière.
Quoi qu'il en soit, les sphères lumineuses formées par un des procédés que j'ai indiqués, jouissent de propriétés fort singulières et notamment dune stabilité considérable. On peut les toucher et les changer de place avec une lame métallique sans les décharger*. Un champ magnétique — au moins celui d'intensité assez faible dont je disposais — est sans action sur elles. Si ces sphères ne sont constituées que d'ions agglomérés, ces derniers doivent s'y trouver dans un état très spécial. Leur stabilité ne peut résulter que de mouvements tourbillonnaires extrêmement rapides, analogues à ceux du gyroscope qui, on le sait, ne doit son équilibre qu'au mouvement de rotation dont il est animé.