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LA CHIMIE INTBA-ATOMIQUE ET LES ÉQLILIBBES

tances. C'est aussi sans doute de cette façon qu'agit la mousse de platine sur un mélange d'acide sulfureux et d'oxygène pour le transformer en acide sulfurique. Chaque réaction semble avoir ainsi son excitant qui serait un simple accélérateur de la combinaison. Une réaction chimique n'est pas quelque chose de fatal et d'instantané. Elle a une évolution qui peut être lente ou rapide.

L'illustre Moissan avec qui j'ai plusieurs fois causé de ce sujet y attachait une grande importance. Il avait d'ailleurs de sérieuses raisons pour cela. On sait qu'après avoir isolé le fluor par électrolyse de l'acide fluorhydrique il échoua complètement la première fois qu'il voulût renouveler ses expériences devant une commission académique. En recherchant la cause de son insuccès il découvrit que pour réussir il fallait ajouter au liquide une trace de fluorure de calcium qui le rend conducteur. Il n'avait pas pu répéter son expérience uniquement parce que, croyant mieux faire, il avait employé un corps très pur.

Les substances ajoutées à d'autres en faibles quantités semblent le plus souvent n'agir que par leur présence, c'est-à-dire, je le répète, sans apparaître dans les produits des réactions finales. On leur donne le nom de catalyseurs. Chaque réaction doit avoir probablement son catalyseur.

Ces actions de présence dites aussi catalytiques ont été observées en chimie depuis fort longtemps ; on savait, par exemple, que l'oxygène et l'acide sulfureux, sans action l'un sur l'autre, s'unissent pour former de l'acide sulfurique en présence du noir de platine, sans que ce dernier intervienne dans la réaction; que le nitrate d'ammonium habituellement inaltérable donne un dégagement continu d'azote en présence du même noir de platine. Ce dernier corps ne se combine pas avec l'oxygènfi mais il peut en absorber 800 fois son volume.

Parmi les corps dont il serait permis de dire à la rigueur qu'ils n'agissent que par leur présence, se

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trouve la vapeur d'eau, qui, à dose extrêmement petite, joue un grand rôle dans diverses réactions. De l'acétylène parfaitement desséché est sans action sur l'hydrure de potassium, mais, en présence de la trace infime de vapeur d'eau qui se dégage d'un bloc de glace refroidi à 80 degrés au-dessous de zéro, les deux corps réagissent l'un sur l'autre avec une telle violence que le mélange devient incandescent.

L'acide carbonique bien desséché est également sans action sur le même hydrure de potassium. En présence d'une quantité presque impondérable de vapeur d'eau il se combine avec lui. De même pour beaucoup d'autres corps, le gaz ammoniac et le gaz chlorhydrique, par exemple, qui se combinent habituellement en donnant d'épaisses fumées blanches, mais ne se combinent plus dès qu'ils ont été soigneusement desséchés. On se rappelle que j'ai montré qu'en ajoutant à des sels de quinine desséchés des traces de vapeurs d'eau, ils deviennent phosphorescents et radio-actifs.

Bien que les actions catalyliques soient anciennement connues, c'est depuis quelques années seulement qu'on a observé leur rôle prépondérant dans la chimie des êtres vivants. On admet maintenant, nous l'avons vu, que les diastases et les ferments divers, dont l'influence est si capitale, n'agissent que par leur présence.

En examinant de près le rôle des corps agissant par leur simple présence, on constate qu'ils se comportent comme si de l'énergie était transportée du corps catalyseur au corps catalysé. Ce fait ne peut guère s'expliquer, croyons-nous, que si le corps catalyseur subit un commencement de dissociation atomique. Nous savons que, en raison de Ténorme vitesse dont sont animées les particules de la matière pendant sa dissociation, des quantités considérables d'énergie sont produites par la dématérialisation d'une quantité de matière tellement impondérable qu'elle échappe à toute pesée. Les corps catalyseurs seraient donc simplement des libérateurs d'énergie.

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