‹ L'évolution de la matièreChapitre 96 sur 132 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Méthodes générales d'observations permettant de constater la dissociation de la matière.

Toutes les théories exposées dans les pages qui précédent reposent sur une longue série d'expériences. Une doctrine scientifique ou philosophique, n'ayant pas l'expérience pour base, est dépourvue d'intérêt et ne constitue qu'une dissertation littéraire sans portée.

Je ne puis donner dans les lignes qui vont suivre qu'un bref résumé des expériences que j'ai publiées pendant près de dix ans. Les mémoires oîi elles ont été exposées ayant occupé 400 colonnes environ de la Revue scientifique, c'est-à-dire près de 800 pages, je ne saurais songer à les reproduire ici. Il en est d'ailleurs beaucoup, celles sur la phosphorescence, les ondes hertziennes, l'infrarouge, etc., qui figurent dans mon livre l'Évolution des forces.

Dans tout ce qui va suivre, j'ai tenu surtout à donner des expériences très simples et, par conséquent, faciles à répéter. Je ne reviendrai pas naturellement sur celles indiquées déjà dans le corps de l'ouvrage, toutes les fois qu'elles pouvaient être exposées sans qu'il fût nécessaire d'entrer dans trop de détails techniques.

Plusieurs des appareils et des méthodes exposés dans les pages qui vont suivre ne présentent plus qu'un intérêt historique. Les uns et les autres ont été considérablement perfectionnés par les physiciens qui se sont engagés dans la voie que j'avais tracée. Il

est toujours utile cependant de connaître les appareils employés au début de nouvelles reclicfches et c'est pourquoi j'ai décrit sans y rien changer les instruments et les méthodes qui m'ont servi.

J"ai déjà expliqué, dans un chapitre de cet ouvrage, les principes des méthodes employées pour étudier la dissociation de la matière, c'est-à-dire sa dématérialisation. Avant de les décrire en détail, Je rappellerai ce que j'ai dit en quelques lignes.

Les moyens employés pour observer la dissociation d'un corps, qu'il s'agisse du radium ou d'un métal quelconque, sont identique-. Le phénomène caractéristique à étudier est toujours l'émission i;<^ particules animées d'une immense vitesse, déviables par un cham; magnétique, et capables de rendre l'air conducteur de l'électrici; . C'est uniquement ce dernier caractère qui a été utilisé pour isrl'., le radium et les divers corps radio-actifs.

Il existe d'autres caractères accessoires, tels que les impressions photograpjjiques, la production de phosphorescence et de fluorescence, etc., par les particules émises, mais ils sont d'une importance secondaire. Les 99 "/o de l'émission du radium se composent d'ailleurs de particules sans action sur la plaque photographiqup, et il existe des corps radio-actifs, tels que le polonium, qui nomeitcnt que de telles radiations.

La possibilité de dévier ces particules, par un champ magnétique, constitue, après l'aptitude à rendre l'air conducteur de l'él-'ctricité, le phénomène le plus important. Il a permis d'établir, d'une façon indiscutable, l'identité entre les particules émises par les corps radio-actifs et les rayons cathodiques de l'ampoule de Crookes. C'est le degré de déviation de ces particules par un champ magnétique qui a rendu possible la mesure do leur vitesse.

La mesure de la déviation magnétique des particules radioactives exigeant des appareils très délicats et fort coûteux, il est impossible de la faire figurer parmi les expériences d'une répétition facile. Ne voulant donner ici que ces dernières, j'aurai surtout recours à la propriété fondamentale des particules de matière dissociée de rendre l'air conducteur de l'électricité.

Moyen de constater que l'air a été rendu conducteur de l'électricité. — Le procédé classique employé pour prouver qu'un corps émet des particules d'atomes dissociés, capables de rendre l'air conducteur de l'électricité, est fort simple. Il n'exige, en effet, d'autre instrument qu'un électroscope gradué. La substance X, supposée capable de se dissocier, est placée sur un plateau quelconque A (fig. 3G). Au-dessus, on dispose une plaque métallique B en relation avec un électroscope chargé C. Si des particules conductrices — ions ou électrons — sont émises par le corps X, l'air devient conducteur entre les deux plaques et l'électroscope se décharge. La vitesse de chute des feuilles est proportionnelle à l'intensité de l'émission des particules provenant de la dissociation.

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