Moerenhout, Voyage aux îles, etc., t. II, p
objets mobiliers qui auraient pu tenter l'auguste visiteur.
Des coutumes analogues régnaient à Viti, où les chefs s'appropriaient souvent le fruit du tiavail de leurs sujets 4.
A la Nouvelle-Calédonie, la morale laïque ne sufûsant pas toujours à faire respecter la propriété privée, la religion était venue à son secours. Tout objet, sur lequel on plaçait une touffe d'herbes nouée d'une certaine façon, [devenait taboue, il était dès lors sous la protection des dieux et personne n'osait plus y toucher. De Rochas raconte que, durant une excursion faite sous la direction d'un guide néo-calédonien, il vit celui-ci ôter son unique vêtement, une chemise, et déposer celle-ci à quelques pas du sentier en plaçant dessus une tige herbacée nouée d'une certaine manière. « Que fais-tu là ? lui dis-je. Si on te la vole ? — Est-ce que. dans ton pays, on volerait une chemise sur laquelle aurait été mis un tabou 2 ? »
Je parlerai bientôt avec de plus amples détails de l'institution religieuse du tabou9 forme suprême de la moralité polynésienne. Pour le moment, j'ai à m'occuper de la pénalité civile en matière de vol. En pays primitif, cette pénalité est d'ordinaire terrible ; car on fait très bon marché de la vie humaine. Presque toujours le meurtre est une affaire privée, que vengent à leur gré les parents ou amis du défunt ; mais le vol est le plus grand des crimes et il est •presque partout puni de mort. Le vol, l'adultère non autorisé, considéré comme un vol, et le manque de respect au chefs sont les grands crimes aux îleè Viti 3, et il en était de même •tians toute la Polynésie, où le voleur était souvent abandonné à la merci des individus lésés, sans que l'opinion pu-