Williams, Fy'i and the Fijians,i. I«, p
blique lui reconnût même le droit de se défendre 1 . Souvent le coupable était tué ou gravement blessé, parfois attaché sur un vieux canot et jeté à la mer où les requins, en faisaient bonne et prompte justice 2. A Tonga, quand un homme était véhémentement soupçonné de vol, on avait recours à une sorte de jugement de Dieu : l'inculpé devait se baigner dans certains endroits particulièrement hantés par des requins. En sortait-il sain et sauf 3, son innocence était établie. A la iNouvelle-Zélande, le voleur était décapité et sa tête était attachée, pour l'exemple, à une croix de bois, tout à fait analogue à la croix chrétienne et qui intrigua beaucoup les premiers navigateurs européens.
Pour le vol, comme pour tout le reste, la moralité primitive est partout fort analogue. Gomme les Polynésiens, les Cafres ont un grand souci de la propriété, et chez eux, le vol est un crime souvent puni de mort. Les Guarayos de l'Amérique du Sud punissaient aussi de mort le vol et l'adultère 4. Dans ce dernier cas, chez les Comanches comme chez beaucoup de tribus peaux-rouges, le mari se contentait souvent de couper le nez de la femme adultère 5, et il en est ainsi aujourd'hui encore, avec cette aggravation que l'époux offensé pratique parfois l'opération avec ses dents se donnant ainsi le plaisir de manger le nez de la coupable 6. Les Indiens de Saint-Domingue punissaient le voleur avec un raffinement de férocité, en l'empalant 7. Les Hurons, après avoir repris au larron tout ce qu'il avait dérobé, lui enlevaient en vertu du droit du talion tout ce qu'il pouvait posséder et