Voyage aux Grands Lacs, p
prescrit de ne pas le vendre hors de la tribu 4. Au Gabon, suivant du Chaillu, l'opinion publique protège plus efficacement encore l'esclave domestique. Est-il maltraité par son propriétaire, il aie droit de se sauver dans un autre village et de se donner un nouveau maître, sans que le premier puisse provoquer à ce sujet un débat, un palabre, cette discussion publique à laquelle sont soumises en pays nègre les affaires litigieuses. La même opinion publique fait au nouveau maître, choisi comme protecteur, un devoir d'accorder à l'évadé son patronage *. Chez les Mandingues, le maître n'a le droit ni d'ôter la vie à l'esclave domestique, ni de le vendre hors du pays, si ce n'est pour des motifs graves et après avoir provoqué un débat public, un palabre, sur sa conduite 3.
Mais l'autre catégorie d'esclaves, composée de gens capturés à la guerre ou vendus soit pour crimes soit pour insolvabilité, est absolument en dehors de tout droit, et à l'entière discrétion des propriétaires 4. Le fait suivant, observé par Burton dans l'Afrique orientale, donne la mesure et de la férocité des maîtres pour les esclaves nouvellement achetés et de la liberté absolue, que leur laissent à ce sujet les mœurs : « Notre Kirangozi (guide), dit Burton, toujours le même depuis le commencement du voyage, reste en arrière parce qu'une jeune fille, l'un de ses derniers achats, ne peut pas continuer la route en raison d'une plaie à la jambe, et, voyant que le mal est sans remède, il coupe la tête à la pauvre enfant pour qu'un autre n'en profite pas 5. » Mais ce fait, à nos yeux atroce, est, dans l'Afrique noire, considéré