Voyage aux Grands Lacs, p
-comme tout à fait insignifiant; il se répète, et souvent sur une large échelle, après les razzias, les expéditions guerrières. Tout captif, qui ne peut suivre, est impitoyablement «égorgé.
La vie de l'esclave de fraîche date ne compte pour rien et il est même des pays, là surtout où le mahométisme n'a pas fait sentir son influence, où l'esclave domestique n'est guère plus respecté. Ainsi, dans TAchanti, où de longue date on «est accoutumé à verser le sang humain, comme de l'eau, le meurtre d'un esclave est une action tout à fait insignifiante*. Si l'esclave sacrifié appartient au meurtrier, ce dernier n'est pas plus coupable que s'il avait tué un de ses poulets. Dans le cas contraire, il doit seulement rembourser au propriétaire la valeur de l'animal domestique dont il l'a privé*.
J'ai dit qu'en Afrique l'esclave est une monnaie, il en résulte que la possession de nombreux esclaves est convoitée comme celle d'une grosse fortune en Europe. Par tous les moyens possibles on se procure le plus possible dé cet argent vivant. Ce ne sont, par toute l'Afrique, que perpétuelles razzias, dont le désir de capturer est le mobile. On se rue sur le voisin, on ravit son bétail, on brûle ses cases, puis on s'empare des voisins eux-mêmes et on les vend au premier traitant qui passe 3. C'est ordinairement un roitelet nègre qui est Tàme et l'inspirateur de ces expéditions, mais il a d'autres moyens de se procurer de la marchandise humaine, notamment celui de multiplier contre ses sujets les accusations de sortilège et les condamnations 4. Dans la mesure de leurs forces, les particuliers imitent leur prince. De concert avec leurs femmes, les maris s'arrangent volontiers poursur-