‹ L'évolution de la morale; leçons professées pendant l'hiver de 1885-1886Chapitre 17 sur 375 · Lucas, Hérédité,i.ll, p · texte numérisé non relu

Lucas, Hérédité,i.ll, p

à étudier l'arrêt du chien et les moyens usités pour dresser

des chiens d'arrêt.

Écoutons un spécialiste : « Surtout chez les bêtes de grande race, l'arrêt est une action mécanique, une force instinctive, qui cloue en place le chien, que vient de frapper le sentiment du gibier1. » Or, ce fait de l'arrêt, et de l'arrêt silencieux, est extrêmement curieux. C'est le renversement complet des habitudes normales du chien, qui, s'il n'est dressé, fond toujours en donnant de la voix sur le gibier qu'il rencontre.

Il vaut la peine de nous arrêter un moment sur les procédés de dressage, qui produisent chez le chien, de si extraordinaires résultats. Car, ne l'oublions jamais, l'homme est, comme le chien, un mammifère, et, quand aux propriétés fondamentales, ses cellules cérébrales fonctionnent identiquement comme celles des autres espèces mammifères.

Or, les procédés de dressage du chien sont desplus simples. Ils consistent à punir et récompenser à propos, à créer dans la mémoire de l'animal une association automatique entre les actes que l'on veut encourager, et certaines impressions agréables ou inversement.

Au dire de tous les éleveurs, il faut d'abord créer le penchant à l'obéissance, aussi absolue que possible ; il faut arriver à former des enchaînements mécaniques de détentes nerveuses, si étroitement associées qu'un mot, un geste convenus évoque toute une séries d'idées et d'actes. Les dresseurs et les chasseurs ont ainsi un petit vocabulaire de paroles fatidiques ; par exemple, pour le chien d'arrêt : « Tout beau, couche, rapporte, etc. » Ce sont des formules sacrées, toutes-puissantes sur l'animal.

Chez les natures canines indisciplinées, on a besoin pour

Page 1