Bellecroix, Dressage du chien d'arrêt, p
l'origine des penchants moraux 43
obtenir un résultat plus ou moins parfait d'un long et ^évère dressage. Il faut alors recourir à une éducation tantôt répressive, tantôt attractive, aux coups et au collier de force, aux caresses et aux bons morceaux.
Mais après une sufiisante série de générations bien dresses, tout change ; le penchant artificiel s'est organisé ; il est devenu inné et héréditaire. Alors le jeune chien, dit de grande race, tombe en arrêt spontanément ; il le peut faire tout jeune, dès l'âge de six mois. La vue d'une perdrix met en émoi tout son être : « Il ne bouge plus ; les yeux grands ouverts, fixés devant lui, les oreilles projetées en avant, le front ridé ; il semble médusé ; Témotion fait battre son flanc, etc. '. » Ses instincts primitifs sont tellement métamorphosés qu'au moment où la perdrix part, non seulement il ne se précipite pas à la suite, mais il fait souvent un mouvement de recul 2. Il y a des chiens d'arrêt si sûrs, en qui est si solidement ancré le sentiment du devoir qu'ils tiennent l'arrêt indéfiniment, restant sourds aux sifflets, aux rappels, même aux coups de fusil : il les faut aller chercher 3.
Une transformation morale tout à fait analogue s'est accomplie chez les chiens de berger. Elle résulte de l'emploi suffisamment soutenu de procédés du même genre. Les formules sacrées, seules, varient. Ce sont d'ordinaire : -Aboie, côtoie, arrête, etc. »
Une fois incarnés, les penchants, inculqués par le dresse au chien de berger, deviennent aussi héréditaires, et #la, quelle que soit la race de l'animal, car tous les chiens peuvent devenir chiens de berger 4. On n'a plus besoin alors,