Garcilaso de la Vega, t. I", p
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Ce qui est certain, c'est que les barbares aventuriers espagnols trouvèrent en effet et détruisirent, au Pérou, une très curieuse société communiste, dirigée et administrée par un pouvoir central, despotique et réputé d'origine solaire, c'està-dire divin.
Dans cet État, qui a duré plusieurs siècles et qui est le plus vaste essai de socialisme centralisé qui ait jamais existé, la population était administrée et régie comme un bon éleveur dirige son bétail. Tous les règlements étaient obligatoires et venaient d'en haut; l'individu n'avait qu'à s'y soumettre et aucune initiative ne lui était laissée.
Tout se faisait par réquisition et par ordre: semailles, moissons, tonte des lamas, tissage des étoffes avec leur laine ou avec du coton. Pendant la durée de cette besogne obligatoire, l'individu était nourri par l'État qui l'employait.
La population de l'empire était répartie en groupes décimaux, 10, 100, 1000, 10 000. Dans chaque dizaine, il y avait un individu responsable.
Tout Péruvien se mariait par ordre, à un âge déterminé et tous les mariages se faisaient le même jour. Le consentement des parents était nécessaire à peine de nullité. Un lot de terre et une habitation étaient immédiatement assignés par le district à chaque ménage.
Chaque année, on procédait à un lotissement nouveau proportionnellement à l'accroissement ou à la diminution des familles *.
Les terres étaient divisées en quatre catégories : celles du soleil ou du clergé; celles de l'Inca; celles des infirmes ou empêchés, des veuves, des orphelins, des soldats en activité de service ; enfin venaient les lots particuliers concédés à chacun .