‹ L'évolution de la morale; leçons professées pendant l'hiver de 1885-1886Chapitre 180 sur 375 · W. Prescott, Biatm de la conquête du Pérou, t. W. passim · texte numérisé non relu

W. Prescott, Biatm de la conquête du Pérou, t. W. passim

Les castes sacerdotales et nobles étaient naturellement exempt3s de travail et d'impôts ; toute la grosse besogne sociale était donc exécutée par le peuple.

Au Pérou, personne n'était pauvre, mais personne n'était riche; personne n'était abandonné, mais personne n'était libre. L'assistance mutuelle était un devoir général et primordial.

Au-dessus de toute la société, bien au-dessus même de la très nombreuse famille des Incas, résultant de l'énorme polygamie royale et formant la grande classe dirigeante, trônait comme un dieu l'Inca régnant, directeur suprême, adoré de son vivant et que l'on faisait escorter dans l'autre monde par un millier de serviteurs et de concubines immolés sur son tombeau *.

La mission principale de ce souverain omnipotent était de reculer sans cesse les limites de l'empire, de faire d'incessantes croisades. Sa règle d'ailleurs, dans ses pieuses conquêtes, était d'user d'une grande modération, de ne pas verser inutilement le sang humain, de convaincre autant que possible les voisins rebelles qu'il était de leur intérêt de se soumettre et d'adopter la civilisation péruvienne 2.

Il ne semble pas que le Mexique et le Pérou aient eu ensemble le moindre rapport ; ils se sont ignorés et ont, chacun à sa manière, résolu d'une manière barbare mais différente, le problème social, l'un par l'individualisme, l'autre par le socialisme d'État dérivant sans doute directement du communisme primitif.

En effet, rien n'est plus commun que le régime de la communauté des biens dans les hordes ou tribus, tout à fait primitives. L'originalité de la société péruvienne est

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