‹ L'évolution de la morale; leçons professées pendant l'hiver de 1885-1886Chapitre 183 sur 375 · Hérodote, II · texte numérisé non relu

Hérodote, II

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tituée par la grande masse asservie et travaillant pour tout le monde ; au-dessus de cette foule, nourrie par elle et la contenant, une classe de guerriers , plus haut eacore une classe de prêtres, enfin au sommet de la pyramide, un monarque trônant comme un demi-dieu et se targuant d'ailleurs presque toujours d'une extraction divine. Sur les monuments égyptiens, les prêtres eux-mêmes sont représentés, prosternés et le front dans la poussière, en présence du roi, tout comme les officiers et gouverneurs de province 4.

Le régime politique, corrélatif à une telle organisation, est toujours le despotisme le plus pur. Tout vient d'en haut ; aucune initiative n'est laissée à l'individu. Toujours aussi, la société est comme figée. Les lois sont des ordres célestes ; elles sont immuables et indiscutables. Un cérémonial rigide enchaîne même le monarque. Tous les actes de la vie royale, étaient en Egypte, soumis à un règlement invariable: il y avait une heure pour les audiences, une heure pour rendre la justice, pour la promenade, pour le bain, pour la cohabitation sexuelle. Le régime alimentaire même était fixé : le roi était astreint à ne manger d'autre chair que celle du veau et de l'oie et à ne boire, chaque jour, qu'une mesure de vin déterminée 2.

Mais, néanmoins, ce potentat dont les mouvements étaient réglés comme ceux d'un automate, prélevait le cinquième de toutes les récoltes, sauf bien entendu de celles appartenant aux oints du Seigneur et aux guerriers 3 ; son pouvoir était si énorme, que, selon Manéthon, Aménophis put faire en Egypte un acte grandiose de sélection. Après avoir ras-

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