‹ L'évolution de la morale; leçons professées pendant l'hiver de 1885-1886Chapitre 198 sur 375 · lbid„ Traduction de C. de Harlez. Fargard, XV, v · texte numérisé non relu

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LA MORALE BAIIIIVKE 281

riers, des laboureurs et des artisans, plus une masse d'esclaves ; enfin trônant sur le tout, un monarque omnipotent.

Du temps de Cyrus, de Darius, de Xerxès, le roi des Perses s'appelait par excellence « le grand Roi ». Sa volonté, son caprice, ne se discutaient pas : « Entendre, c'était obéir. » Darius envoyait dans ses provinces des missi dominici, des ofiiciers appelés les yeux et les oreilles du roi. Un rapport défavorable de ces satellites, un soupçon de désobéissance suffisaient à perdre un satrape, qui était ou déposé ou condamné à mort sans procès, et alors le soin de l'exécuter était laissé aux gens de sa suite *. Hérodote rapporte que, pendant les préparatifs de l'expédition de Xerxès en Grèce, le Lydien Pythias, ayant eu l'audace de demander au monarque la faveur de garder près de lui son fils aîné, offrant d'ailleurs ses quatre autres fils, Xerxès fit sur-le-champ couper en deux le jeune homme pour lequel on intercédait 2. C'était sous les coups de fouet que les troupes persanes défilaient devant le maître.

Les siècles se sont écoulés, la religion des Perses a changé, mais en dépit des révolutions historiques le plus dur despotisme monarchique n'a cessé de peser sur la malheureuse nation persane. Le mahométisme n'a guère modifié, dans ce pays, le régime servile. Il y a peu d'années encore, le chah de Perse était aussi omnipotent que Xerxès. Tout le code persan, dit Fraser, se résume en une courte formule : « C'est la volonté du chah ». Au-dessous du maître s'échelonne toute une hiérarchie de tyrans subalternes, mi-partie esclaves et despotes. Enfin, supportant le tout, vexée, rançonnée, maltraitée à plaisir, une masse asservie de culti-

1. G. Maspéro, Histoire ancienne des peuples de l'Orient, p. 545.

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