‹ L'évolution de la morale; leçons professées pendant l'hiver de 1885-1886Chapitre 199 sur 375 · Hérodote, t. VII, p · texte numérisé non relu

Hérodote, t. VII, p

vateurs nourrit tout le monde, essayant d'esquiver, à force de ruses, les impôts et les rançons *.

Dans une relation publiée à Saint-Pétersbourg en 1819, un officier français, Gaspard Drouville, qui avait séjourné trois ans en Perse, confirme et complète les assertions de Fraser.

Toute la population, dit-il, appartient au roi. Chacun s'honore d'être son esclave, le titre de kouly (esclave) précède le nom de beaucoup de grands seigneurs *.

Le chah dispose à son gré des femmes de toute condition ; la préférence accordée par lui à une femme ou à une fille est considérée comme une faveur par le père ou le mari 3,

Même les prescriptions religieuses fléchissent devant la volonté royale ; l'usage du vin devient licite aux croyants, •quand le monarque en décide ainsi :sa fantaisie fait loi 4.

En principe le roi est le grand justicier; il juge surtout les grands ou les affaires de haute importance, prononçant des arrêts sans appel et sur-le-champ exécutoires. Les peines les plus ordinaires sont : la mort, l'amputation du nez ou des oreilles. La peine correctionnelle est la bastonnade sur la plante des pieds ; on la prodigue. Lors du voyage •de Drouville, il était peu de ministres qui ne l'eussent subie. Les courtisans supportaient fort galamment cette correction paternelle ; il n'en rougissaient en rien ; car être puni par le maître n'était pas un déshonneur 5 : tout était juste, quand <*e dernier l'avait voulu. Le chah, dit G. Drouville, fitbàtonner le receveur général de la province d'Aserbijan, person-

1. Fraser, llint. univ. des voyages, l. XXXV, p. 70. 88, etc.

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