G. Drouville,*. I" p
toute particulière. Il est fort intéressant de noter les effets et les phases de cette longue expérience sociologique.
Le Rig- Véda nous montre une race naïve et barbare encore, douée d'une imagination très colorée et d'une grande ferveur pour ses dieux multiples. Ces dieux, d'ailleurs, elle n'en fait pas encore les gardiens de sa morale. Ce sont, pour les Aryas védiques, de puissants personnages invisibles et anthropomorphiques, que l'on peut se concilier par des invocations et des offrandes convenables.
Sont-ils satisfaits des compliments et des cadeaux que leur font leurs adorateurs ; ils y répondent, en personnages bien élevés qu'ils sont, par des largesses, des faveurs tout à fait terrestres, Ils détruisent les ennemis de leurs dévots, les parents aussi bien que les étrangers ; ils leur donnent de nombreux troupeaux ; ils font pleuvoir. Ces dieux ont un faible ; ils sont grands amateurs de liqueurs enivrantes ; ils ne résistent pas à de larges rasades de la liqueur fermentée, que Ton tire de YAsciepias acide ; avec du sàma on peut tout en obtenir. Dans la moite au moins des hymnes du Rig-Véda, il n'est question que d'enivrer les dieux pour les rendre généreux. Les prières sont d'une naïveté enfantine.
« Viens donc vers nous (Indra). On dit que tu aimes le .sùma. Nous t'en avons préparé, bois-en jusqu'à l'ivresse ; remplis tes larges entrailles !. *
» La plante du soma a été pilée dans le dessein de t'enivrer ; que celte piquante liqueur soit avec nos éloges comme la pointe d'un dard, qui te stimule 2. »
» Enivre-toi, porté sur des coursiers azurés. Pour toi a été versée cette boisson enchanteresse, etc. 3. ».