‹ L'évolution de la morale; leçons professées pendant l'hiver de 1885-1886Chapitre 205 sur 375 · III. — DE LA MORALE DANS i/lNOE BRAHMANIQUE · texte numérisé non relu

III. — DE LA MORALE DANS i/lNOE BRAHMANIQUE

Ce qui domine et régit La morale de l'Inde brahmanique, c'est la rigide institution des castes et le dogme de leur inéjjalité native, par suite l'inégalité des droits et des devoirs de chacun. Tout naturellement la direction sociale appartient à la caste des brahmanes réputée supérieure par essence, puisqu'elle provient de la bouche de Brahma : « Brahma donna en partage aux brahmanes l'étude et renseignement des Védas, l'accomplissement du sacrifice, la direction îles sacrifices offerts par d'autres, le droit de donner et celui tic recevoir i. » Le prêtre védique a légué à son successeur, le brahmane, l'amour des cadeaux.

« Au Kchatriya, Brahma a donné de protéger le peuple d'exercer la chari té *. »

« Au Vaisya, de soigner les bestiaux, de donner l'aumône, <le faire le commerce, de prêter à intérêt, de labourer la terre 3. »

« Mais le souverain maître n'assigna au Soudrâ qu'un seul •office, celui de servir les classes précédentes sans déprécier leur mérite *. »

Comme en Perse, le mélange des castes est sévèrement interdit : « Le brahmane, qui n'épouse pas une femme de sa classe et qui introduit une Soudràdans son lit, descend au séjour infernal 5. »

i. Code de Manou, liv. Ier, V. 88.

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