‹ L'évolution de la morale; leçons professées pendant l'hiver de 1885-1886Chapitre 209 sur 375 · Liv. VIII, v · texte numérisé non relu

Liv. VIII, v

crocodile, un hibou ou une corneille, qu'il fasse la pénitence prescrite pour le meurtre d'un soudrâ, celle du Tchandrayana l » (un mois d'un jeune croissant et décroissant suivant les phases lunaires).

D'ailleurs l'iniquité s'étale, dans ce code théocratique, avec la plus grande naïveté. Dans les cas d'adultère où la peine capitale est ordonnée contre les autres classes, le brahmane en doit être quitte pour une tonsure 2.

Au contraire, la brahmine adultère doit être « dévorée par des chiens sur une place publique très fréquentée » et son complice brûlé sur un lit de fer chauffé au feu 3. Il s'agit bien entendu du complice non brahmane.

Quant au brahmane on est, pour lui, plein d'indulgence : « S'il a donné le jour à un enfant par son union avec une femme déjà mariée à un autre, qu%il expie sa faute par une purification de trois jours 4. »

Il est licite à une jeune fille d'aimer librement un homme d'une classe supérieure, mais elle sera enfermée dans sa maison sous bonne garde, si elle s'attache à un homme do caste inférieure 5.

Le soudrâ qui entretiendra un commerce criminel avec une femme (non mariée) appartenant à l'une des trois premières castes, sera privé du membre coupable et de tout son avoir, si elle n'était pas gardée ; si elle l'était, il perdra tout, ses biens et la vie 6.

Pour divers outrages aux « mœurs », on distingue soigneusement les cas ou le délit a été commis avec violence et ceux où il n'y avait pas de différence de rang, pour prononcer ou

i. Liv. XI, v.131.

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