‹ L'évolution de la morale; leçons professées pendant l'hiver de 1885-1886Chapitre 208 sur 375 · Liv. VIII, v · texte numérisé non relu

Liv. VIII, v

brahmane, en le nommant *. Le roi devra verser de l'huile bouillante dans la bouche et les oreilles du soudrâ, qui aura eu l'impudence de donner des avis aux brahmanes relativement à leur devoir 2.

Le vieux talion règle encore la pénalité : « De quelque . membre que se serve un homme de basse naissance pour frapper un supérieur, ce membre doit être mutilé : Tel est Tordre de Manou 3. »

Par compensation, le brahmane jouit de droits exorbitants, et les pénalités qu'il peut encourir, sont toujours infiniment plus légères que celles qui menacent les autres.

« Que le roi se garde de tuer un brahmane, môme coupable de tous les crimes possibles, ou de confisquer ses biens ; il n'y a pas dans le monde de plus grande iniquité que de tuer un brahmane ; le roi n'en doit pas même concevoir l'idée 4. »

« Que le brahmane oblige un soudrâ, acheté ou non acheté, à remplir des fonctions serviles ; car il a été créé pour le service des brahmanes par l'être existant par luimême5. »

Un brahmane dans le besoin peut, en toute sûreté de conscience, s'approprier le bien d'un soudrâ, son esclave, sans que le roi doive le punir6.

Dans un verset des plus naïfs, le meurtre d'un soudrâ par un brahmane est assimilé à celui de certains animaux ; en effet, comme et avant le bouddhisme, le brahmanisme est aniinalitaire : « Si le brahmane a tué à dessein un chat, une mangouste, un geai bleu, une grenouille, un chien, un

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